(AfriquePlus) - Reçu par Jeune Afrique dans un entretien publié le 20 août 2026, Martin Fayulu, figure de la coalition C64, a réaffirmé son opposition frontale à tout projet de révision constitutionnelle porté par le président Félix Tshisekedi. « Il me verra sur sa route et je vais lui barrer la route dans cette affaire », a-t-il averti. L'opposant justifie sa position par l'article 64 de la Constitution congolaise, qu'il invoque pour appeler à faire échec à toute violation de l'ordre constitutionnel.
Après deux reports successifs, motivés selon Fayulu par des appels au dialogue venus notamment d'un chef d'État africain et de responsables religieux, la coalition C64 confirme sa manifestation du 15 septembre à Kinshasa. L'objectif affiché est d'interpeller les parlementaires au moment de leur rentrée, alors que la Cour constitutionnelle a récemment renvoyé au Parlement la loi contestée sur la révision constitutionnelle. Fayulu récuse par ailleurs les critiques sur la capacité de mobilisation de son camp, évoquant un encerclement policier lors de la précédente marche du 12 juin, qu'il attribue à la crainte d'une forte affluence plutôt qu'à un manque de soutien populaire.
Interrogé sur son concept de « camp de la patrie », critiqué par certains alliés comme une manière de trier les opposants, Fayulu s'en défend en le présentant comme une simple application de l'article 63 de la Constitution, ouverte selon lui à l'ensemble des acteurs politiques congolais, y compris d'anciens rebelles disposés à s'amender. Il se dit par ailleurs prêt à un dialogue national dès le 1er septembre, tout en écartant les accusations de rapprochement personnel avec le pouvoir, rappelant avoir été élu président de la République lors du scrutin contesté de 2018.