(AfriquePlus) - Depuis plusieurs années, le Rwanda a fait du tourisme l'un des piliers de sa relance économique, un secteur qui pèse aujourd'hui plus de 10 % du PIB national, selon un reportage diffusé par TV5Monde et signé Théodore de Keros Saragro. Cette dynamique repose largement sur une stratégie de montée en gamme assumée, incarnée par le parc national des Volcans.
Chaque matin, jusqu'à 112 visiteurs seulement, répartis en groupes de huit, sont autorisés à approcher les gorilles de montagne, moyennant un ticket à 1 500 dollars par personne. Une touriste californienne venue avec sa famille explique être là uniquement pour cela, avant de repartir aux États-Unis après avoir observé, la veille, les singes dorés. Selon Prosper Wingelli, à la tête du parc depuis 2008, la fréquentation a explosé en deux décennies. D'environ 12 000 visiteurs venus pour les gorilles il y a vingt ans, le parc en accueille désormais près de 23 000 par an, sur un total de plus de 50 000 entrées. Fait notable, la guerre qui se poursuit à l'est de la République démocratique du Congo, à proximité, n'a eu aucun effet sur ces recettes.
Ce positionnement d'exception a entraîné dans son sillage toute une offre hôtelière de luxe. Le Bisate Lodge, l'un des établissements les plus onéreux du pays, loue certaines de ses villas jusqu'à 3 795 dollars la nuit en haute saison, sans que cela ne dissuade une clientèle fortunée. L'hôtel affiche complet jusqu'à la saison des pluies.
Le parc des Volcans génère à lui seul plus de 35 millions de dollars de revenus annuels, soit près de 90 % des recettes cumulées de l'ensemble des parcs nationaux rwandais. Mais le nombre de permis gorilles restant volontairement limité, d'autres formes de tourisme émergent en parallèle, à l'image des circuits à moto ou des safaris proposés à Kigali, notamment par l'hôtel Pilipili, pour remplir les établissements moins prisés. Selon des chiffres du gouvernement cités dans le reportage, le tourisme lié aux gorilles a représenté à lui seul environ 36 % des recettes touristiques du pays en 2025, soit l'équivalent de 248 millions de dollars.