(AfriquesPlus) - Le président guinéen Mamadi Doumbouya a mis fin aux fonctions de deux membres de son gouvernement, sans fournir d’explication officielle sur les raisons de ces départs. Ces décisions interviennent alors que le chef de l’État réaffirme sa volonté d’imposer une exigence d’exemplarité à tous les responsables publics.
L’Agence de Presse Africaine (APAnews), dans un article publié le 22 août 2026 rapporte que Mory Condé, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Protection sociale, et Mourana Soumah, ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, ont été limogés vendredi soir.
Aucun motif officiel n’a été communiqué pour expliquer ces deux changements au sein de l’exécutif. Dans une déclaration publiée au même moment, Mamadi Doumbouya a toutefois placé ces décisions dans le cadre plus large de sa lutte contre la corruption et de sa volonté d’imposer une plus grande rigueur aux responsables publics.
« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas », a affirmé le chef de l’État, assurant qu’« aucun rang, aucune fonction, aucune proximité » ne pourrait mettre quiconque à l’abri de la « rigueur républicaine ».
Le président guinéen a particulièrement insisté sur la nécessité d’appliquer cette exigence à son propre entourage gouvernemental. « L’exigence d’exemplarité s’applique à tous, sans exception, à commencer par ceux qui servent à mes côtés », a-t-il déclaré.
Mamadi Doumbouya n’a cependant établi aucun lien explicite entre les limogeages de Mory Condé et Mourana Soumah et d’éventuels faits de corruption. Il a plutôt présenté sa démarche comme un prolongement de la politique de « Refondation » engagée depuis son arrivée au pouvoir.
« La Refondation n’est pas un slogan, elle est une discipline que nous nous imposons d’abord à nous-mêmes », a-t-il déclaré, en rappelant les trois axes qu’il associe à cette politique : le vivre-ensemble, une économie au service du peuple et des institutions fortes et crédibles.
Ces changements interviennent également dans un contexte de réorganisation administrative du territoire guinéen. Le chef de l’État a annoncé la création de deux nouvelles régions administratives, Siguiri et Beyla, ainsi que de onze nouvelles préfectures.
Selon Mamadi Doumbouya, cette réforme vise notamment à rapprocher l’administration des populations. Il a annoncé que l’installation des nouvelles autorités administratives constituerait une « priorité absolue » dans les prochaines semaines.
Le président guinéen a enfin réaffirmé que la paix, la défense de l’intégrité territoriale et le vivre-ensemble resteraient au cœur de son action. Il a assuré qu’il continuerait à défendre « les intérêts de la Guinée, son territoire, son peuple et ses biens ».