(AfriquesPlus) - Le marché africain des opérateurs mobiles virtuels (MVNO) pourrait connaître une forte accélération au cours des prochaines années. Dans un article publié le 20 août 2026, Nigeria Communications Week, sous la signature du journaliste Chike Onwuegbuchi, s’appuie sur une étude d’Africa Analysis pour estimer à 39,6 millions le nombre d’abonnés aux MVNO sur le continent en 2030, contre environ 7,9 millions en 2025.
Le rapport identifie notamment l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et l’Ouganda comme les quatre marchés appelés à concentrer environ 85 % des abonnés africains aux MVNO à l’horizon 2030. L’Afrique du Sud apparaît déjà comme le principal marché continental, avec quelque 4,4 millions de cartes SIM MVNO actives fin 2025, un volume qui pourrait atteindre 14,4 millions dans quatre ans.
Cette progression est largement portée par les banques, les enseignes de distribution et les entreprises numériques, qui utilisent les services mobiles pour renforcer leurs propres écosystèmes commerciaux et financiers. En Afrique du Sud, des acteurs comme Capitec Connect et FNB Connect illustrent cette tendance, en associant connectivité, services bancaires et programmes de fidélisation.
Au Nigeria, le potentiel demeure considérable malgré un marché encore peu développé. La Nigerian Communications Commission (NCC) a délivré plus de 40 licences MVNO, mais leur transformation en activités commerciales reste lente. Africa Analysis estime que les obstacles se situent désormais davantage dans les conditions économiques et techniques : prix de gros, accords avec les opérateurs de réseaux, intégration des systèmes et marges suffisantes.
L’étude souligne également la concurrence particulière à laquelle les MVNO africains sont confrontés. Dans plusieurs pays, les opérateurs traditionnels disposent déjà de puissants services de mobile money et de plateformes financières, ce qui leur permet de combiner télécommunications, paiements, crédit et services numériques.
Pour Africa Analysis, la portabilité des numéros, la réglementation, l’accès aux réseaux et la maturité numérique seront les principaux facteurs déterminant l'attractivité des marchés. Le secteur devrait ainsi privilégier les modèles intégrant la téléphonie à des offres bancaires, commerciales ou numériques plutôt que de se limiter à une concurrence sur les prix.