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RDC : face à Ebola, les mineurs de l’Est travaillent au péril de leur vie
Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola plonge les communautés minières dans un dilemme dramatique : se protéger du virus ou continuer à travailler pour survivre.
 

Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola plonge les communautés minières dans un dilemme dramatique : se protéger du virus ou continuer à travailler pour survivre. À Iga-Barrière, malgré la peur de la contamination, les mineurs artisanaux poursuivent leur activité, faute de pouvoir renoncer à leurs maigres revenus.

Dans cette région où l’exploitation artisanale de l’or constitue l’une des principales sources de revenus, l’épidémie d’Ebola bouleverse profondément le quotidien des populations. À Iga-Barrière, nombreux sont ceux qui continuent de descendre dans les mines malgré les risques sanitaires, avec l’espoir de gagner quelques dollars pour nourrir leurs familles et payer leur logement.

La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs travailleurs sont eux-mêmes des personnes déplacées ayant fui les violences et les conflits qui ravagent l’est de la RDC depuis des années. Pour ces populations déjà fragilisées, arrêter de travailler signifie souvent perdre leur seule source de subsistance.

Treize membres d’une même famille emportés

Le drame sanitaire se conjugue ainsi avec une profonde détresse sociale. Mechac Ngadjole Katavara affirme avoir perdu 13 membres de sa famille et dénonce les difficultés rencontrées par les populations pour accéder aux soins et à la vaccination.

Face à l’ampleur de la situation, il appelle les autorités à renforcer la protection des communautés exposées et à rapprocher les moyens de prise en charge des zones les plus touchées.

Des mineurs réclament un centre de traitement

À Iga-Barrière, les habitants demandent notamment la création d’un centre de traitement Ebola à proximité des sites miniers.

Actuellement, les personnes malades doivent être transférées vers Bunia, ce qui peut prendre du temps et compliquer leur prise en charge. Daniel Ndjalenga Musingo affirme que certains patients meurent pendant leur évacuation. Pour les populations locales, disposer d’un centre à proximité permettrait de réduire les délais et d’améliorer les chances de survie.

La mobilité des mineurs complique la riposte

La lutte contre Ebola se heurte également au fonctionnement particulier de l’exploitation minière artisanale. Les travailleurs circulent constamment entre les sites d’extraction, les villages et les centres urbains, notamment pour vendre leur production.

Cette forte mobilité complique considérablement le suivi des contacts, l’identification des personnes exposées et la surveillance des éventuels nouveaux cas.

Selon un rapport publié en 2024 par l’Organisation de coopération et de développement économiques, environ deux millions de personnes travaillent dans les mines artisanales et à petite échelle en RDC. La crise sanitaire représente donc un enjeu qui dépasse largement les seuls sites touchés par l’épidémie.

La survie économique avant la peur du virus

Sur les sites miniers, les travailleurs connaissent pourtant les dangers liés à Ebola. Mais la précarité économique les contraint à continuer.

Espérance Acheni Nyango fait partie de ceux qui refusent de renoncer à leur activité. Elle explique qu’un revenu quotidien d’environ 10 000 francs congolais, soit quelques dollars, lui permet de nourrir ses enfants et de participer au paiement de son loyer.

Pour ces familles, le risque sanitaire reste réel, mais la faim et l’absence de revenus constituent une menace tout aussi immédiate.

Les vaccins arrivent, mais le défi reste immense

La riposte sanitaire s’organise néanmoins. 16 250 doses de vaccin contre Ebola sont arrivées à Kinshasa, dans le cadre d’un dispositif prévoyant au total 70 000 doses avec l’Organisation mondiale de la santé et ses partenaires.

Le principal défi consiste désormais à faire parvenir rapidement la vaccination et les soins aux populations les plus éloignées, notamment dans les zones minières difficiles d’accès.

Dans l’est de la RDC, la lutte contre Ebola ne se résume donc pas à contenir un virus. Elle doit aussi tenir compte de la pauvreté, des déplacements de populations, de l’insécurité et de la dépendance de milliers de familles à l’exploitation minière artisanale.

Pour les mineurs d’Iga-Barrière, le choix reste tragiquement limité : continuer à travailler en prenant le risque de contracter Ebola, ou cesser leur activité au risque de ne plus pouvoir nourrir leur famille. Une situation qui souligne l’urgence de rapprocher la vaccination, le dépistage et les centres de traitement des communautés exposées.

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