Découvrez comment l'ONG APAF Togo remet l'agroforesterie et les plantes fertilitaires au cœur de l'agriculture africaine. Une solution durable pour restaurer les sols, augmenter les rendements et réduire l'utilisation des engrais chimiques.
Après avoir longtemps délaissé les pratiques agricoles traditionnelles et agroécologiques héritées de leurs ancêtres, de nombreuses organisations œuvrent aujourd'hui à leur renaissance. Depuis plusieurs décennies, elles remettent progressivement ces méthodes au cœur des systèmes de production agricole grâce à l'agroforesterie et à l'utilisation des plantes fertilitaires.
C'est la mission principale de l'ONG APAF Togo (Association pour la Promotion de l'Agroforesterie et de la Foresterie), qui accompagne depuis 1992 les producteurs agricoles dans la redécouverte et la transmission de ces savoirs endogènes. Son objectif est de promouvoir une agriculture durable, productive et respectueuse de l'environnement, sans recours aux engrais chimiques, dont les effets sont néfastes aussi bien pour les sols que pour la santé humaine.
En marge de la 3e édition des Assises africaines de la démocratie, organisée en juin à Dakar, nous avons rencontré Kokou Bayita, Directeur exécutif de l'ONG APAF Togo. Son organisation a déjà étendu ses activités à plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, d'Afrique centrale et même en France.
« Notre ONG est une association pour la promotion de l'agroforesterie et de la foresterie à travers les plantes fertilitaires. Nous vulgarisons les bonnes pratiques agricoles au sein des communautés à la base. Cette approche est une réactualisation de pratiques agricoles ancestrales que nos parents mettaient en œuvre autrefois, avant qu'elles ne soient progressivement abandonnées. Nous les remettons au goût du jour afin de favoriser une agriculture durable », explique Kokou Bayita.
Selon lui, cette technique consiste à associer certaines espèces d'arbres fertilitaires aux cultures afin qu'elles cohabitent harmonieusement.
« Il s'agit d'associer des arbres identifiés comme fertilitaires aux cultures. Ces arbres vivent en parfaite convivialité avec les plantes cultivées et améliorent naturellement leur développement. »
Ces arbres jouent ainsi le rôle de fertilisants naturels et remplacent efficacement les engrais chimiques.
« Ils enrichissent les sols, les restaurent et favorisent un développement harmonieux des cultures qui leur sont associées. Les rendements agricoles augmentent, les terres se régénèrent et les productions respectent davantage les normes environnementales. Le paysan qui adopte ces pratiques protège son environnement tout en contribuant à la conservation des arbres fertilitaires présents sur sa parcelle. »
Pour Kokou Bayita, les arbres fertilitaires constituent également une protection naturelle indispensable face aux effets du changement climatique.
« Un arbre fertilitaire est comme un parapluie au-dessus de la parcelle. Il protège les cultures contre les fortes chaleurs, favorise la condensation de la rosée et développe un système racinaire profond capable de remonter les sels minéraux du sous-sol. Ces éléments nutritifs sont ensuite redistribués dans les couches superficielles du sol, au bénéfice des cultures. »
À travers cette approche, l'ONG APAF Togo entend démontrer qu'il est possible de concilier augmentation des rendements agricoles, restauration des sols, préservation de la biodiversité et souveraineté alimentaire grâce aux savoirs agricoles africains.
Fred ATAYODI