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Le Brief d’AfriquesPlus du mercredi 26 août 2026
La presse africaine de ce mercredi 26 août 2026 est dominée par les questions de sécurité, les tensions migratoires, la crise Ebola en RDC et la recomposition géopolitique autour du Nil et de l’AES.
 

(AfriquesPlus) De Johannesburg à Abuja, de Kinshasa au Caire et d’Addis-Abeba au Sahel, la presse africaine de ce mercredi est dominée par les questions de sécurité, les tensions migratoires, la crise Ebola en RDC et la recomposition géopolitique autour du Nil et de l’AES.

 AFRIQUE DU SUD — Ramaphosa promet des arrestations face aux violences contre les étrangers

En Afrique du Sud, le dossier qui domine encore l’actualité est celui des violences visant les ressortissants étrangers. Le président Cyril Ramaphosa a promis que les auteurs et les instigateurs des violences xénophobes seraient poursuivis. Devant le Parlement, il a assuré que la police et les services de sécurité rassemblaient les éléments nécessaires avant de procéder aux arrestations. 

Cette prise de position intervient alors que les tensions autour de l'immigration clandestine se sont fortement accrues et que le gouvernement sud-africain est sous pression pour démontrer qu'il ne tolère pas les violences contre les ressortissants africains.

Le sujet prend une dimension régionale avec le retour annoncé au Nigeria de 65 ressortissants nigérians, sur fond de préoccupations persistantes concernant les violences visant les étrangers en Afrique du Sud. La presse nigériane suit particulièrement cette affaire. 

Autre actualité importante : l'opération internationale Jackal IV contre les réseaux de cybercriminalité ouest-africains a conduit à 58 arrestations dans 22 pays. En Afrique du Sud, 39 personnes ont été arrêtées lors de perquisitions à Johannesburg ; 257 comptes bancaires ont été bloqués et des avoirs évalués à 2,67 millions de dollars saisis. 

Sur le plan sportif, Reuters rapporte par ailleurs que les Springboks préparent leur deuxième test contre la Nouvelle-Zélande, avec l'enjeu de mieux résister à la pression des All Blacks dans les phases de conquête. 

 NIGERIA — Le pouvoir confronté à une nouvelle crise des enlèvements

Au Nigeria, l'insécurité constitue incontestablement le principal sujet de la journée. Le président Bola Tinubu a ordonné aux forces armées, à la police et aux services de renseignement de lancer une opération immédiate pour retrouver les personnes enlevées dans l'État de Niger.

L'attaque, menée dans plusieurs villages du nord-centre du pays, aurait fait des dizaines de morts et pourrait avoir entraîné l'enlèvement de plusieurs centaines de personnes. Reuters évoque un chiffre pouvant atteindre 600 personnes, tout en précisant que le nombre exact n'a pas encore pu être vérifié indépendamment. 

La diffusion d'une vidéo montrant des dizaines de femmes, d'enfants et de personnes âgées entre les mains des ravisseurs a accentué la pression sur le gouvernement. Les autorités veulent désormais localiser les captifs et identifier les groupes responsables. 

Cette affaire intervient alors que les enlèvements contre rançon se multiplient dans le nord-ouest et le centre du Nigeria. Elle relance surtout le débat sur la capacité de l'État fédéral à protéger les populations rurales, malgré les opérations militaires et policières.

Autre dossier révélateur de la criminalité transnationale : l'opération Jackal IV d'Interpol a identifié 263 suspects et conduit à 58 arrestations dans le monde, avec des réseaux originaires d'Afrique de l'Ouest impliqués notamment dans les escroqueries financières, les cryptomonnaies, le blanchiment d'argent et la sextorsion. 

 ÉTHIOPIE — Addis-Abeba durcit le ton sur le Nil

En Éthiopie, la question du Nil et du Grand barrage de la Renaissance (GERD) reste au centre de l'actualité. Le ministre éthiopien de l'Eau et de l'Énergie, Habtamu Itefa, réaffirme qu'Addis-Abeba n'a besoin de l'autorisation d'aucun autre pays pour exploiter ses ressources hydriques.

Cette position illustre la fermeté de l'Éthiopie face aux demandes égyptiennes en faveur d'une gestion concertée du barrage. 

Addis-Abeba présente le GERD comme un instrument essentiel de son développement économique, de son électrification et de son intégration régionale. Les autorités mettent désormais davantage l'accent sur la capacité énergétique du pays et sur les possibilités de coopération avec les autres États du bassin du Nil

La tension reste cependant réelle avec l'Égypte. Un élément nouveau apparaît dans la dimension régionale du dossier : Addis Standard rapporte que les États-Unis seraient disposés à reprendre une médiation sur le différend du GERD

La question du Nil dépasse donc désormais le simple contentieux hydraulique : elle touche directement aux rapports de force entre l'Éthiopie, l'Égypte, le Soudan et, plus largement, aux équilibres stratégiques de la Corne de l'Afrique.

 ÉGYPTE — Le Caire se prépare à recevoir Xi Jinping

En Égypte, l'un des principaux événements annoncés aujourd'hui est la visite prochaine du président chinois Xi Jinping. Selon Reuters, Xi se rendra en Égypte après le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai au Kirghizstan, du 30 août au 3 septembre. Il s'agira de sa première visite d'État en Égypte depuis dix ans. 

Xi Jinping doit s'entretenir avec le président Abdel Fattah al-Sissi des relations bilatérales mais aussi des grands dossiers internationaux et régionaux.

Cette visite intervient dans un contexte particulièrement stratégique pour Le Caire : tensions au Moyen-Orient, sécurité de la mer Rouge, guerre à Gaza, difficultés économiques et différend avec l'Éthiopie autour du Nil.

La relation sino-égyptienne revêt également une dimension économique considérable. Les investissements chinois dans la nouvelle capitale administrative égyptienne et les infrastructures du pays constituent l'un des piliers du rapprochement entre les deux États. 

Le Caire cherche ainsi à renforcer son rôle de puissance régionale tout en diversifiant ses partenariats internationaux.

 RDC — Ebola menace de devenir la pire épidémie de l'histoire du pays

En République démocratique du Congo, la situation sanitaire est particulièrement préoccupante. Le **Washington Post** alerte aujourd'hui sur une progression extrêmement rapide de l'épidémie d'Ebola, qui menace de devenir la plus importante jamais enregistrée dans le pays.

Selon le quotidien américain, la riposte est freinée par le manque de financements, les fausses informations et les difficultés d'accès aux populations. 

La situation est aggravée par les attaques contre les personnels humanitaires. L'AFP rapportait récemment que six travailleurs de la Croix-Rouge avaient été blessés lors d'attaques dans les zones affectées, notamment en Ituri, épicentre de l'épidémie. 

La RDC se retrouve donc confrontée à une double urgence : endiguer la propagation du virus tout en sécurisant les équipes chargées de la riposte.

L'arrivée de milliers de doses de vaccin constitue un espoir important, mais la dimension géographique de l'épidémie et les difficultés logistiques rendent la situation particulièrement délicate.

 AES — L'Alliance des États du Sahel cherche à institutionnaliser son projet

Dans les pays de l'Alliance des États du Sahel, l'actualité est moins dominée aujourd'hui par une attaque spectaculaire que par la poursuite de la construction institutionnelle de l'organisation regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

La première session parlementaire de l'AES se poursuit à Niamey. Les délégations parlementaires des trois pays travaillent à la mise en place des mécanismes destinés à donner une dimension politique et institutionnelle plus solide à la Confédération. 

Des commissions consacrées à la défense et à la sécurité, à la diplomatie et au développement ont notamment été mises en place, signe que l'AES cherche à dépasser progressivement le seul cadre militaire pour construire une architecture politique commune. 

Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a, de son côté, appelé à la cohésion nationale et à la tolérance religieuse à l'occasion des célébrations du Maouloud. Ce message intervient dans un contexte où le pays reste confronté à une forte pression sécuritaire. 

La tendance de fond est donc claire :les trois pays cherchent à transformer leur alliance sécuritaire en véritable projet politique, diplomatique et économique régional.

 AFRIQUE DE L'OUEST — La criminalité numérique devient une menace continentale

Au-delà des crises sécuritaires traditionnelles, la presse africaine met également en évidence l'expansion de la cybercriminalité organisée.

L'opération Jackal IV d'Interpol, menée dans 22 pays et sur six continents, a mis au jour l'ampleur des réseaux ouest-africains spécialisés dans les escroqueries sentimentales et financières, les fraudes aux cryptomonnaies, le blanchiment et la sextorsion.

Le Nigeria est particulièrement cité comme une importante base de recrutement du réseau Black Axe. L'opération a également frappé des réseaux opérant en Afrique du Sud. 

Cette affaire montre que la sécurité africaine ne se joue plus uniquement sur les champs de bataille ou dans les zones rurales : les réseaux criminels utilisent désormais massivement les technologies numériques et les circuits financiers internationaux.

La lecture de la presse publiée ce mercredi 26 août 2026 fait ressortir cinq grandes tendances :

1. La sécurité reste la principale préoccupation. Au Nigeria, les enlèvements massifs remettent la question de la protection des populations au premier plan.

2. La question migratoire empoisonne les relations africaines. En Afrique du Sud, les violences contre les étrangers placent Cyril Ramaphosa sous pression et provoquent des réactions au Nigeria.

3. Le Nil devient un enjeu géopolitique majeur. L'Éthiopie maintient une position ferme sur le GERD tandis que l'Égypte cherche à préserver ses intérêts hydriques et à consolider ses alliances.

4. La RDC fait face à une urgence sanitaire majeure. L'épidémie d'Ebola, aggravée par l'insécurité et le manque de moyens, pourrait devenir l'une des plus graves crises sanitaires contemporaines du continent.

5. L'AES poursuit sa transformation. Mali, Burkina Faso et Niger s'emploient désormais à construire les institutions d'une confédération qui veut s'affirmer comme une alternative aux structures régionales traditionnelles.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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