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Égypte, quand la religion et la justice se rejoignent pour reconnaître un enfant né d'un viol
Longtemps privée d'existence légale du seul fait d'être née hors mariage, une fillette égyptienne voit sa situation basculer grâce à une décision de justice s'appuyant, pour la première fois dans le pays, sur une preuve génétique
 

(AfriquePlus) - À l'approche de la nouvelle année scolaire en Égypte, Amal Abdel Hameed espère que sa fille pourra enfin s'inscrire officiellement à l'école, huit ans après sa naissance consécutive à un viol, rapporte Reuters dans un article publié le 25 août 2026. Selon le droit égyptien, l'enfant s'était vu refuser un acte de naissance, la privant de fait de l'accès à pratiquement tous les services publics, du simple fait d'être née hors mariage.

La situation a basculé lorsque Amal Abdel Hameed a obtenu une décision de justice historique, dont le jugement a été rendu le mois dernier, reconnaissant le violeur comme le père de l'enfant. Cette décision d'une cour d'appel, en partie fondée sur des preuves ADN, constitue selon des avocats cités par Reuters une première pour la justice égyptienne. Amal Abdel Hameed, 27 ans, confie avoir vécu ces huit années comme un cauchemar, avant de choisir de témoigner publiquement pour faire valoir ses droits, malgré la controverse suscitée dans un pays où la parole sur les agressions sexuelles reste rare.

Cette décision fait suite à un édit rendu en février par la principale autorité savante d'Al-Azhar, établissant que le test ADN et la condamnation pour viol pouvaient servir à établir la paternité. Selon l'avocat de la plaignante, cet édit ouvre également la voie à une réforme de la loi sur le statut personnel, actuellement en débat au Parlement, bien qu'aucune disposition légale explicite ne consacre encore ce principe.

Le Service d'information de l'État a indiqué à Reuters que toute modification législative dépendrait de l'issue des discussions parlementaires, réaffirmant que la protection des enfants demeure une priorité nationale. Une responsable d'une association égyptienne de défense des droits des femmes estime que ce précédent pourrait encourager d'autres survivantes de viol à faire reconnaître la filiation de leurs enfants devant la justice.

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