(AfriquePlus) - Le vice-président tanzanien Emmanuel Nchimbi a démissionné, selon le journal local The Citizen cité par Bloomberg News dans un article publié le 25 août 2026, au milieu d'informations faisant état d'une brouille avec la présidente Samia Suluhu Hassan. En poste depuis neuf mois seulement, il quittera officiellement ses fonctions à compter du 4 septembre, selon un communiqué relayé mardi par le quotidien. Ni Emmanuel Nchimbi ni les services de communication du gouvernement n'ont répondu aux sollicitations pour commenter cette annonce.
Cette démission survient alors que les autorités tanzaniennes multiplient les mesures de répression des libertés civiles depuis une élection contestée en octobre, marquée par des violences et des manifestations massives. Selon Bloomberg, les groupes d'opposition estiment à plus de 1 000 le nombre de personnes tuées lorsque les forces de sécurité sont intervenues pour réprimer les mobilisations, tandis qu'une enquête officielle a fixé ce bilan à 518 morts. La semaine dernière, le gouvernement avait suspendu un journal indépendant après que celui-ci eut rapporté qu'Emmanuel Nchimbi avait initialement refusé de démissionner à la suite d'un différend avec la présidente.
La brouille entre les deux dirigeants aurait éclaté au grand jour après que le vice-président eut appelé les Tanzaniens à se mobiliser pour une nouvelle Constitution limitant les pouvoirs présidentiels et garantissant davantage de libertés. Si Samia Suluhu Hassan s'est engagée à faire adopter une nouvelle Constitution avant 2030, des dirigeants de l'opposition ont exprimé des doutes quant à sa réelle volonté de réforme.
Conformément à la Constitution tanzanienne, la présidente dispose de quatorze jours pour nommer un nouveau vice-président et obtenir l'approbation du Parlement. Ancien ambassadeur et figure influente du parti au pouvoir, Emmanuel Nchimbi avait été le colistier de Samia Suluhu Hassan lors de l'élection d'octobre, avant d'être investi vice-président en novembre.