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Nigeria, l’EFCC promet jusqu’à 5 % de récompense pour récupérer les avoirs volés à l’étranger
L’agence nigériane de lutte contre la corruption veut renforcer la mobilisation des lanceurs d’alerte pour retrouver les fonds et biens détournés puis transférés hors du pays.
 

(AfriquesPlus) - La Commission nigériane des délits économiques et financiers (EFCC) propose désormais aux lanceurs d’alerte une récompense pouvant atteindre 5 % des avoirs volés récupérés grâce à leurs informations. L’objectif est d’accélérer le traçage des fonds et biens nigérians soupçonnés d’avoir été transférés à l’étranger.

Dans un article publié le 26 août 2026, The PUNCH, sous la signature d’Olayiwola Ajisafe, rapporte que le président de l’EFCC, Ola Olukoyede, a annoncé cette mesure lors d’une intervention au Cambridge International Symposium on Economic Crime, au Royaume-Uni.

Selon le responsable, les personnes disposant d’informations permettant de localiser des avoirs nigérians volés ou dissimulés dans n’importe quel pays pourront recevoir entre 2,5 % et 5 % de la valeur des biens effectivement récupérés. Ola Olukoyede a insisté sur la nécessité d’encourager les lanceurs d’alerte tout en assurant leur protection.

« Entre 2,5 et 5 % vous reviendra après la récupération », a déclaré le patron de l’EFCC, cité par The PUNCH, en appelant les participants au symposium à contribuer à l’identification des avoirs concernés.

L’agence affirme avoir déjà obtenu des résultats importants dans sa politique de récupération. Ola Olukoyede a indiqué que l’EFCC avait obtenu, au cours de ses trois premières années à sa tête, la confiscation de liquidités et de biens représentant plus de 500 millions de dollars, soit environ 280 milliards de francs CFA.

Le responsable a notamment évoqué plusieurs procédures ayant abouti à la confiscation d’importants patrimoines. Parmi les exemples cités figure celui d’un ancien président de la Banque centrale du Nigeria, dont un bien comprenant environ 753 logements aurait été saisi par les autorités.

Ola Olukoyede a également évoqué le dossier de l’ancien procureur général de la Fédération, Abubakar Malami. Selon lui, l’EFCC avait identifié environ 57 propriétés qui lui seraient liées après l’ouverture d’une enquête pour suspicion d’abus de fonction. Quelque 48 de ces propriétés auraient depuis fait l’objet d’une confiscation.

Le patron de l’EFCC a par ailleurs cité le cas d’un avion confisqué à une personne soupçonnée d’avoir reçu un pot-de-vin d’environ 30 millions de dollars, soit près de 16,8 milliards de francs CFA. Selon lui, l’appareil, saisi environ trois mois auparavant, a depuis été intégré à la flotte présidentielle nigériane.

L’EFCC s’appuie sur une procédure de confiscation qui lui permet de demander à la Haute Cour, sans notification préalable à la partie adverse, une ordonnance de saisie sur la base d’un soupçon raisonnable concernant des produits du crime. Ola Olukoyede a comparé ce mécanisme à des dispositifs existant notamment en Australie et au Canada.

Au-delà des procédures judiciaires, la commission veut donc miser davantage sur le renseignement fourni par les citoyens. Pour l’EFCC, la localisation d’avoirs transférés à l’étranger reste un enjeu majeur dans la lutte contre la corruption, notamment en raison de la complexité des montages financiers et du caractère transnational des crimes économiques.

Cette nouvelle politique vise ainsi à renforcer le rôle des lanceurs d’alerte dans la récupération des ressources publiques détournées. Pour l’EFCC, leur implication, associée à la coopération judiciaire et internationale, peut permettre de retrouver plus rapidement des biens et fonds qui échappent au Nigeria.

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