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L’Afrique doit miser sur la confiance et les capacités locales pour tirer pleinement parti de l’IA
L’African Development Bank estime qu’un développement et un déploiement inclusifs de l’intelligence artificielle pourraient générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars supplémentaires de PIB en Afrique d’ici 2035
 

(AfriquesPlus) - Dans une analyse publiée le 25 août 2026, Nigeria Communications Week rapporte les propos d’Akua Gyekye, responsable des affaires gouvernementales de Microsoft pour l’Afrique, selon laquelle le continent ne pourra exploiter pleinement le potentiel économique de l’intelligence artificielle sans mettre en place des écosystèmes fiables, sécurisés et adaptés aux réalités locales.

Pour Gyekye, le débat africain sur l’IA ne porte désormais plus seulement sur l’adoption de cette technologie, mais sur les conditions permettant de la déployer à grande échelle de manière responsable. La question de la confiance est centrale, notamment pour permettre aux entreprises et aux administrations de protéger leurs données, leur propriété intellectuelle et leurs savoir-faire.

L’écart d’utilisation de l’IA entre les pays développés et les pays en développement demeure toutefois important. Selon le Global AI Diffusion Report de Microsoft, l’usage de l’IA générative concernait 27,5 % de la population en âge de travailler dans les pays du Nord, contre 15,4 % dans ceux du Sud au premier trimestre 2026. Pour la responsable de Microsoft, réduire ce retard constitue à la fois un impératif économique et une occasion pour les pays africains de participer à la définition du futur de l’IA.

L’enjeu financier est considérable. L’African Development Bank estime qu’un développement et un déploiement inclusifs de l’intelligence artificielle pourraient générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars supplémentaires de PIB en Afrique d’ici 2035.

Mais cette perspective suppose, selon Gyekye, de dépasser la simple acquisition de technologies étrangères. Elle identifie notamment trois priorités : garantir davantage de choix et d’ouverture dans l’accès aux modèles d’IA, développer les compétences locales grâce à des partenariats entre acteurs publics et privés, et assurer un déploiement sécurisé, responsable et résilient.

L’ouverture technologique doit également permettre aux entreprises, chercheurs et développeurs africains de choisir entre différents modèles d’IA, qu’ils soient propriétaires, ouverts ou spécialisés, sans dépendre exclusivement d’un fournisseur. Pour Gyekye, des standards communs et des mécanismes de gouvernance doivent cependant accompagner cette ouverture afin de préserver les données et la propriété intellectuelle.

Enfin, elle insiste sur la nécessité de renforcer les capacités africaines. Gouvernements, entreprises, universités et développeurs ne peuvent, selon elle, relever seuls les défis liés aux infrastructures, aux compétences, au financement et à la réglementation. L’objectif est donc de faire émerger un écosystème permettant aux innovateurs africains de prendre part à la chaîne de valeur de l’IA, plutôt que de rester de simples utilisateurs de technologies conçues ailleurs.

Idée centrale : l’Afrique dispose d’une opportunité économique majeure avec l’IA, mais celle-ci ne pourra être pleinement saisie que si le continent investit simultanément dans la confiance numérique, les compétences locales, l’ouverture technologique et la gouvernance.

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