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Eswatini, dernier allié africain de Taïwan, sous pression diplomatique chinoise
Pékin appelle ses ressortissants à quitter l'Eswatini, seul pays africain à reconnaître Taïwan, invoquant des risques sécuritaires et des arnaques en ligne. Une décision que Taipei dénonce comme une manœuvre d'intimidation
 

(AfriquePlus) - Pékin appelle ses ressortissants à quitter l'Eswatini, seul pays africain à reconnaître Taïwan, invoquant des risques sécuritaires et des arnaques en ligne. Une décision que Taipei dénonce comme une manœuvre d'intimidation, selon un article de Bloomberg News publié le 26 août 2026.

Bloomberg rapporte que la Chine a exhorté ses citoyens à évacuer l'Eswatini et déconseillé toute visite dans ce petit royaume d'Afrique australe, invoquant des préoccupations de sécurité et des risques d'escroquerie. Dans une publication sur WeChat citée par l'article, le département des affaires consulaires du ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié la situation sécuritaire du pays de « complexe », évoquant des fraudes en ligne et des jeux d'argent illégaux jugés généralisés, et appelant les ressortissants chinois présents sur place à se relocaliser, notamment vers l'Afrique du Sud.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a affirmé que cette alerte relevait d'une pratique internationale courante et résultait d'une évaluation prudente de la situation, sans établir de lien avec Taïwan. L'Eswatini a de son côté associé cette annonce à une opération policière visant des ressortissants étrangers, majoritairement chinois, soupçonnés de cybercriminalité, une porte-parole du gouvernement jugeant l'accusation de risque sécuritaire généralisé « regrettable ». Taipei, pour sa part, a dénoncé selon l'article une tentative délibérée de fragiliser son alliance historique avec le royaume, appelant la communauté internationale à reconnaître ce qu'elle qualifie d'intimidation autoritaire chinoise.

L'article souligne que malgré la hausse de la cybercriminalité, l'Eswatini demeure globalement plus sûr que l'Afrique du Sud voisine, dont le taux d'homicides figure parmi les plus élevés au monde. Le journal américain relève aussi que Pékin émet rarement des avertissements comparables pour des pays d'Asie du Sud-Est pourtant touchés par des réseaux de fraude en ligne bien documentés, sa dernière alerte de ce type concernant les Philippines un an plus tôt.

Plusieurs épisodes récents illustrant les pressions chinoises sur les partenaires africains de Taïwan : des différends autour de passeports taïwanais en Ouganda, la fermeture par plusieurs pays de leur espace aérien pour empêcher un déplacement du président taïwanais Lai Ching-te vers l'Eswatini — qu'il a finalement rejoint en mai à bord d'un avion privé du roi —, ainsi que des tensions similaires avec le Maroc et le Kenya. L'article précise que les intérêts économiques chinois en Eswatini restent limités, à l'exception d'un contrat de construction d'un barrage remporté en 2023, tandis que le royaume a accueilli davantage de visiteurs chinois que taïwanais en 2025, selon les statistiques officielles citées par Bloomberg.

Selon l'article, le message publié sur WeChat a atteint la première place des tendances en Chine, générant plus de 89 millions de lectures et des dizaines de milliers de réactions, certains internautes avouant découvrir l'existence même de l'Eswatini, d'autres insistant sur l'absence de relations diplomatiques entre Pékin et le royaume.

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