(AfriquePlus) - Une étude d'un cabinet de sécurité nigérian révèle l'ampleur inédite de l'industrie des enlèvements contre rançon au Nigeria, où l'insécurité fragilise l'éducation et la confiance envers l'État. Une enquête de Ben Ezeamalu, publiée le 26 août 2026 par Reuters, en détaille les chiffres.
Selon Reuters, le cabinet de renseignement nigérian SBM Intelligence a recensé 7 825 enlèvements entre juillet 2025 et juin 2026, soit une hausse de 66 % par rapport à l'année précédente. Au moins 1 142 personnes ont été tuées, et le montant total des rançons confirmées a plus que triplé pour atteindre 7,78 milliards de nairas, soit environ 5,79 millions de dollars. Ces chiffres, établis à partir de rapports médiatiques, d'entretiens et d'informations publiques, restent probablement sous-estimés, de nombreux paiements de rançon n'étant jamais révélés.
L'agence de presse rapporte qu'une faction du groupe islamiste Boko Haram a perçu 90 % des rançons enregistrées liées aux enlèvements dans le nord-est du pays, bien que le nord-ouest concentre davantage d'incidents et de victimes. Selon SBM, le groupe aurait ainsi reçu environ 7 milliards de nairas, provenant principalement de deux enlèvements massifs ayant chacun visé plus de 300 personnes.
En novembre, 315 élèves et membres du personnel avaient été enlevés dans une école de Papiri, dans l'État du Niger, plus de dix ans après le raid de Boko Haram sur une école de Chibok qui avait porté ce type d'enlèvements à l'attention internationale. Selon le rapport de SBM cité par Reuters, les enlèvements en milieu scolaire ont repris avec cette attaque, dont les conséquences se répercutent sur l'éducation, l'agriculture et la confiance du public.
Reuters souligne que cette étude est publiée alors que le président nigérian a ordonné aux forces de sécurité de tenter de secourir jusqu'à 600 civils enlevés la semaine précédente dans l'État du Niger, au centre-nord du pays, sans que la présidence ni l'armée n'aient réagi aux conclusions du rapport. L'article note également que la sécurité devrait constituer un enjeu central des prochaines élections prévues en janvier, les analystes estimant que la politique du président Bola Tinubu, arrivé au pouvoir il y a trois ans avec la promesse de juguler l'insécurité, n'a pas produit de résultats tangibles face à cette nouvelle vague d'enlèvements.