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Ebola en RDC : l’ONU tire la sonnette d’alarme et réclame 1,1 milliard de dollars
Face à une épidémie qui continue de gagner du terrain dans l’est de la RDC, les Nations unies appellent à une mobilisation financière urgente. António Guterres redoute un manque de moyens au moment où la riposte devrait au contraire s’intensifier
 

(AfriquesPlus) Face à une épidémie qui continue de gagner du terrain dans l’est de la République démocratique du Congo, les Nations unies appellent à une mobilisation financière urgente. António Guterres redoute un manque de moyens au moment où la riposte devrait au contraire s’intensifier.

L’Organisation des Nations unies lance un nouvel avertissement face à la progression de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé jeudi la communauté internationale à mobiliser d’urgence 1,1 milliard de dollars supplémentaires  pour financer la riposte.

Le plan d’intervention des Nations unies est évalué à 2,13 milliards de dollars, mais il n’est pour l’instant financé qu’à hauteur de 48 %. Cette insuffisance de ressources risque, selon António Guterres, de fragiliser les opérations sanitaires au moment même où l’épidémie exige un renforcement de la réponse internationale.

Une épidémie qui s’étend rapidement

La situation est particulièrement préoccupante dans l’est de la RDC, où l’épidémie évolue dans un environnement déjà marqué par de graves difficultés.

L’insécurité, les déplacements de populations, les mouvements importants de personnes ainsi que la grève de professionnels de santé compliquent considérablement les opérations de surveillance et de prise en charge.

Officiellement déclarée à la mi-mai, l’épidémie aurait toutefois commencé à circuler dès février, selon les autorités congolaises.

En quelques mois, le virus est passé de trois zones sanitaires à près de 60, signe d’une progression rapide de la maladie. Plus inquiétant encore, une partie importante des contaminations et des décès survient désormais directement au sein des communautés, en dehors des réseaux de contacts déjà identifiés et surveillés.

Le spectre d’une crise sanitaire majeure

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la situation demeure particulièrement difficile à contrôler. L’évolution de l’épidémie fait craindre une crise sanitaire de grande ampleur si les moyens nécessaires ne sont pas rapidement mobilisés.

La comparaison avec l’épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, causant plus de 1 000 morts, souligne l’ampleur des inquiétudes.

Pour la RDC, le défi est d’autant plus important que plusieurs provinces touchées sont déjà fragilisées par les conflits armés et les violences.

Pas encore de vaccin ni de traitement approuvé

La lutte contre cette épidémie est également rendue plus complexe par le type de virus concerné.

Il s’agit du virus Ebola de type Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin ni traitement n’est actuellement approuvé. Des essais cliniques portant sur plusieurs vaccins et traitements expérimentaux ont toutefois été lancés afin d'évaluer leur efficacité.

En attendant, les autorités tentent de ralentir la propagation du virus par différentes mesures, notamment la limitation des rassemblements publics, la distanciation sociale et certaines restrictions dans les transports.

Ces dispositions affectent directement le quotidien des populations dans les six provinces touchées, particulièrement en Ituri, une région déjà confrontée à une forte insécurité.

Une course contre la montre

Pour les Nations unies, la priorité est désormais claire : obtenir rapidement les financements nécessaires pour éviter une aggravation de la crise.

Les fonds doivent permettre de poursuivre et de renforcer les opérations de surveillance, la prise en charge des malades, la prévention de la transmission ainsi que les programmes de vaccination expérimentale.

Mais le temps joue contre les autorités sanitaires.

À mesure que le virus s'étend à de nouvelles zones et échappe aux dispositifs classiques de suivi des contacts, la riposte devient plus difficile et plus coûteuse.

L’appel lancé par António Guterres apparaît ainsi comme un véritable signal d’alarme :sans mobilisation internationale immédiate, l’épidémie risque de dépasser les capacités déjà fragilisées du système sanitaire congolais.

Dans l’est de la RDC, la lutte contre Ebola devient donc une course contre la montre, dans un pays où la crise sanitaire vient s’ajouter à l’insécurité, aux déplacements de populations et à une situation humanitaire déjà extrêmement préoccupante.

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