(AfriquesPlus) - Dans une analyse publiée le 28 août 2026, le média spécialisé ESI Africa examine les difficultés persistantes de l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne. Signé par Theresa Smith, l’article souligne que les progrès de l’électrification ralentissent au point que la croissance démographique dépasse désormais le rythme auquel de nouvelles populations sont raccordées au réseau. Les zones rurales concentrent l’essentiel du déficit, représentant 82 % des populations encore privées d’électricité dans la région.
Pourtant, les conditions technologiques semblent aujourd’hui plus favorables. La baisse du coût des équipements et les avancées dans les énergies renouvelables distribuées ont rendu possibles de nouvelles solutions d’électrification, notamment hors réseau. Plusieurs années d’expérimentation par des opérateurs privés ont également démontré la viabilité de ces modèles en Afrique subsaharienne.
Le principal obstacle serait donc moins technologique que financier. S’appuyant sur un rapport de la Global Energy Alliance et de Lightrock, Structuring for the Last Mile: Financing the Next Era of African Electrification, l’article estime que l’architecture actuelle du financement ne permet pas de répondre efficacement aux besoins du « dernier kilomètre », c’est-à-dire les populations les plus difficiles et les plus coûteuses à raccorder.
Interrogé par ESI Africa, Edward Borgstein, conseiller technique de Mission 300 et coauteur du rapport, défend une refonte des mécanismes financiers. L’enjeu serait de dissocier davantage le financement initial des infrastructures de leur exploitation et de leur maintenance, afin de construire des modèles économiques capables d’assurer à la fois le raccordement et la fourniture durable du service.
L’analyse met ainsi en évidence un paradoxe : l’Afrique dispose de solutions technologiques de plus en plus accessibles, mais peine encore à mobiliser les financements adaptés pour atteindre les populations les plus éloignées des réseaux électriques. Pour accélérer l’accès universel à l’électricité, le défi consiste désormais à repenser le financement du dernier kilomètre plutôt qu’à attendre de nouvelles avancées technologiques.