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À Niamey, le pouvoir évoque une mutinerie
Après une nuit de tirs nourris près de l'aéroport et de la présidence, l'État assure reprendre progressivement le contrôle de la situation, imputant les violences à des soldats mutins
 

(AfriquesPlus) - Des tirs ont éclaté dans plusieurs quartiers de Niamey dans la nuit de vendredi à samedi, visant notamment le palais présidentiel et une base militaire. Les autorités nigériennes évoquent désormais une mutinerie de soldats plutôt qu'une attaque djihadiste. Cet article, publié une première fois dans la nuit à partir d'une dépêche Reuters, a été actualisé avec les informations de TV5Monde, mises à jour samedi à 12h23. La situation demeure évolutive.

Après des tirs nourris entendus toute la nuit près de l'aéroport et de la présidence, le ministre de la Défense nigérien, le général Salifou Mody, a affirmé en tout début d'après-midi que les autorités reprenaient progressivement le contrôle de la situation. Selon son communiqué, un groupe de soldats en rupture avec la discipline militaire aurait séquestré certains de leurs camarades à la base 101 de Niamey et ouvert le feu sur plusieurs sites sensibles de la ville, avant d'être circonscrit par une réaction rapide des forces de défense et de sécurité.

Une source sécuritaire ouest-africaine a indiqué à l'AFP que la garde présidentielle avait repoussé des insurgés issus des forces armées ayant tenté de pénétrer dans le palais, un diplomate confirmant sur place que la garde était restée loyale au général Tiani. Le correspondant de RFI et TV5Monde au Sahel, Serge Daniel, précisait toutefois samedi en milieu de matinée que des tirs se poursuivaient encore par endroits et que la situation restait confuse dans plusieurs quartiers de la capitale.

Des habitants ont rapporté des accès bloqués par des militaires autour de la présidence et de la télévision nationale, ainsi que des abords du grand marché exceptionnellement calmes. Le signal de la chaîne publique Télé Sahel a été interrompu vers 9h avant de revenir environ une heure plus tard. Sur les réseaux sociaux, des vidéos montraient des véhicules blindés déployés en renfort près de l'aéroport, tandis que le régime appelait la population au calme et à ne pas relayer d'informations non vérifiées.

Contrairement aux deux précédentes attaques survenues cette année contre l'aéroport de Niamey — revendiquées respectivement par l'État islamique en janvier et par le JNIM, branche sahélienne d'Al-Qaïda, en juin, qui avaient fait 13 morts — ces incidents semblent d'une ampleur plus importante et touchent plusieurs sites simultanément, selon l'AFP. Le journaliste spécialiste du djihadisme Wassim Nasr évoquait samedi matin l'hypothèse d'une tentative de coup d'État ou d'un règlement de comptes interne à l'armée plutôt qu'une action djihadiste classique.

La base 101, sur le complexe aéroportuaire, abrite le quartier général des forces russes d'Africa Corps ainsi que l'état-major de la force conjointe de l'Alliance des États du Sahel formée avec le Mali et le Burkina Faso. Le site avait accueilli entre décembre et janvier une importante cargaison de concentré d'uranium en attente d'exportation, dont aucun mouvement n'a été signalé depuis.

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