(AfriquesPlus) - L’agence Moody’s a dégradé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, maintenant sa perspective négative. Cette décision traduit une aggravation du risque de défaut, dans un contexte marqué par d’importants besoins de financement, un endettement élevé et l’absence persistante d’un nouveau programme avec le FMI.
Dans une dépêche publiée ce samedi 29 août 2026, l’Agence de presse africaine (APAnews) rapporte que Moody’s justifie sa décision par l’accroissement des risques pesant sur le financement et le remboursement de la dette publique sénégalaise.
Selon l’agence de notation, l’absence prolongée d’un nouvel accord avec le Fonds monétaire international (FMI) réduit l’accès du Sénégal aux financements concessionnels. Elle contraint davantage l’État à recourir au marché financier régional pour couvrir ses besoins, alors que les charges liées à la dette continuent de peser sur les finances publiques.
Moody’s estime ainsi que les besoins de financement du Sénégal resteront importants au cours des prochaines années. Malgré les efforts engagés par les autorités pour assainir les finances publiques, le niveau d’endettement devrait demeurer élevé et limiter les marges de manœuvre budgétaires de l’État.
La dégradation intervient alors qu’une mission du FMI est en discussion avec les autorités sénégalaises à Dakar autour des contours d’un éventuel nouveau programme. Pour Moody’s, la conclusion d’un accord avec l’institution de Bretton Woods pourrait contribuer à restaurer la crédibilité financière du pays, faciliter son accès aux financements extérieurs et réduire les risques associés au refinancement de la dette.
Avec le passage de Caa1 à Caa2, la dette souveraine sénégalaise se retrouve dans une catégorie caractérisée par un risque de crédit très élevé. Le maintien d’une perspective négative signifie par ailleurs que la pression reste forte sur la signature financière du pays.
Cette nouvelle dégradation intervient dans un contexte où Dakar cherche précisément à rassurer les marchés et les investisseurs sur sa capacité à rétablir la soutenabilité de ses finances publiques. L’évolution des discussions avec le FMI sera donc déterminante pour la perception du risque souverain sénégalais dans les prochains mois.