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Soudan, El Obeid submergée par l’afflux de déplacés et la dégradation humanitaire
Selon l’ONU, plus de 15 000 familles ont rejoint la ville depuis la mi-juillet, après l’arrivée de plus de 200 000 personnes au cours du premier semestre
 

(AfriquesPlus) - La situation humanitaire se détériore rapidement à El Obeid, dans le Kordofan-Nord, devenue un refuge pour des milliers de civils fuyant les combats entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), peut-on lire dans un article de Rachel Savage publié ce 30 août 2026 par The Guardian. Selon l’ONU, plus de 15 000 familles ont rejoint la ville depuis la mi-juillet, après l’arrivée de plus de 200 000 personnes au cours du premier semestre, d’après des chiffres gouvernementaux cités par Save the Children.

Cette pression démographique met à rude épreuve les capacités d’accueil de la ville et de ses deux principaux camps de déplacés. Des dizaines de milliers de personnes y vivent dans des conditions précaires. L’analyse d’images satellitaires réalisée par le Yale Humanitarian Research Lab a notamment recensé environ 800 nouvelles tentes dans l’un des camps entre le 4 et le 25 août. Les nouveaux arrivants, principalement des femmes et des enfants, arrivent souvent à pied et avec très peu de biens.

La menace sécuritaire demeure également élevée. Après une forte intensification des frappes de drones contre El Obeid en juin, les attaques ont diminué, mais continuent de faire des victimes. Des habitants signalent notamment des frappes successives visant parfois les personnes venues porter secours aux victimes. Selon Acled, les drones représentent désormais environ la moitié des incidents violents recensés au Soudan, contre seulement 4 % au début de la guerre.

Les conséquences économiques et sociales sont lourdes. Les difficultés d’acheminement des marchandises ont entraîné une forte hausse des prix alimentaires. Dans le Kordofan-Nord, le litre d’huile d’arachide atteignait ainsi 17 000 livres soudanaises en juillet, contre 7 700 un an auparavant. La farine de blé ainsi que la viande de chèvre et de mouton ont également fortement renchéri.

Les infrastructures essentielles restent par ailleurs fragilisées par les frappes. Le réseau d’eau n’a pas été entièrement rétabli et les habitants comme les déplacés dépendent largement de camions-citernes, dont les capacités sont insuffisantes. Dans les camps, les conditions sanitaires sont particulièrement préoccupantes, avec un nombre de latrines très inférieur aux besoins et le recours à la défécation à l’air libre.

El Obeid apparaît ainsi comme un nouveau point de concentration de la crise soudanaise : alors que les combats continuent dans les régions voisines, la ville accueille un flux croissant de civils tout en étant elle-même exposée aux attaques. La capacité des autorités et des organisations humanitaires à fournir eau, nourriture, soins et abris est de plus en plus dépassée.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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