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À Haïti, les expulsions aggravent la crise
Alors que des centaines de personnes sont renvoyées depuis les Bahamas et les États-Unis, les violences armées continuent parallèlement de provoquer de nouveaux déplacements à l’intérieur du pays
 

(AfriquesPlus) - Haïti voit se cumuler deux mouvements de populations qui mettent à rude épreuve ses capacités d’accueil. Alors que des centaines de personnes sont renvoyées depuis les Bahamas et les États-Unis, les violences armées continuent parallèlement de provoquer de nouveaux déplacements à l’intérieur du pays.

Dans un article publié le 29 août 2026 par Rezo Nòdwès, Jean Clyde Desroseaux décrit une situation particulièrement tendue à Cap-Haïtien, devenue l’un des principaux points d’arrivée des Haïtiens expulsés de l’étranger. Le 27 août, 161 personnes sont arrivées dans la ville à bord de deux vols distincts : 104 en provenance des Bahamas et 57 des États-Unis. Parmi les personnes expulsées figuraient notamment des enfants nés aux États-Unis et au Brésil.

Cette arrivée simultanée illustre, selon l’auteur, l’intensification des retours vers Haïti alors que les structures chargées de leur accueil disposent de moyens limités. La situation pourrait devenir encore plus difficile avec la perspective d’une augmentation de la fréquence des vols américains de déportation, qui passerait d’environ une fois par mois à une fois par semaine.

Cap-Haïtien concentre désormais une partie importante de cette pression en raison de la fermeture prolongée de l’aéroport international de Port-au-Prince aux vols commerciaux internationaux. Les autorités haïtiennes et l’Organisation internationale pour les migrations doivent ainsi organiser l’accueil, l’hébergement et la réintégration de personnes dont certaines ont perdu une grande partie de leurs attaches avec Haïti.

Dans le même temps, la crise sécuritaire continue de déplacer des populations. 2 647 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile après les violences survenues les 23 et 24 août à Kenscoff, près de Port-au-Prince. Selon les données citées dans l’article, 77 % d’entre elles ont été accueillies par des familles à Pétion-Ville, tandis que les autres ont rejoint des sites de déplacement.

Pour Jean Clyde Desroseaux, ces deux phénomènes traduisent une même crise nationale : d’un côté, Haïti doit absorber les conséquences des politiques d’expulsion menées par des pays étrangers ; de l’autre, elle doit faire face à l’afflux continu de personnes déplacées par ses propres violences internes. Or les capacités de l’État et des organisations humanitaires restent insuffisantes face à cette accumulation des besoins.

L’auteur appelle donc les États qui organisent les expulsions, en particulier les États-Unis et les Bahamas, à fournir un soutien financier et logistique à la hauteur des conséquences de leurs politiques migratoires. Sans cet accompagnement, estime-t-il, Haïti risque de devoir supporter seule le coût humanitaire d’une pression qui provient à la fois de l’extérieur et de l’intérieur.

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