(AfriquesPlus) - Le retour de Paul Biya au Cameroun n’a pas dissipé les interrogations sur l’avenir politique du pays. Dans un article publié ce 17 octobre 2026 par Al Jazeera, le journaliste Amindeh Blaise Atabong décrit une population dans l’attente d’un remaniement gouvernemental et de la nomination d’un vice-président, alors que le chef de l’État, âgé de 93 ans, conserve la maîtrise du calendrier politique.
Après environ dix semaines passées à l’étranger, le président camerounais est rentré au pays le 20 août. Son absence avait alimenté de nombreuses spéculations, y compris des rumeurs non vérifiées sur sa mort. Son retour avait fait naître l’espoir d’un renouvellement de l’équipe gouvernementale, promis dès le 31 décembre 2025. Pourtant, au début du mois d’octobre, aucune nouvelle équipe n’avait été annoncée.
L’attention se concentre également sur le poste de vice-président, rétabli par une réforme constitutionnelle promulguée en avril 2026. Cette fonction prévoit notamment qu’un vice-président assure l’intérim en cas de décès, de démission ou d’incapacité permanente du président. Mais sa nomination reste à la discrétion de Paul Biya, sans échéance fixée par la réforme. Pour plusieurs responsables politiques, cette absence entretient les inquiétudes autour de la succession au sommet de l’État.
La confusion a été accentuée par la circulation d’un prétendu décret présidentiel de nomination, remis en juin à la radiotélévision publique CRTV. Le gouvernement a affirmé que le document n’avait pas suivi la procédure officielle et qu’une enquête était en cours.
Au-delà des enjeux institutionnels, cette attente pourrait avoir des conséquences économiques. Des analystes cités par Al Jazeera estiment que l’incertitude politique risque de freiner les investissements à long terme, de ralentir les décisions administratives et de retarder certaines réformes. Le pays doit déjà composer avec le conflit séparatiste dans ses régions anglophones et les violences liées à Boko Haram dans le bassin du lac Tchad.
Le gouvernement défend toutefois les prérogatives présidentielles. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a rappelé que Paul Biya était libre de décider du moment opportun pour former une nouvelle équipe. En attendant, l’absence d’annonces officielles nourrit les interrogations sur la gouvernance du pays et les modalités de sa future transition politique.