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Avant le New York Times, une presse noyée sous les petites annonces
Dans un article publié par le New York Times, Gail Collins retrace comment l'absence de signatures dans la presse américaine du XIXe siècle n'a cédé que sous la pression des autorités militaires pendant la guerre de Sécession
 

(AfriquesPlus) - À la veille du lancement du New-York Daily Times en 1851, la presse newyorkaise oscillait entre annonces commerciales insipides et nouvelles anecdotiques. Un retour signé Gail Collins, dans le cadre d'une série marquant les 175 ans du journal, éclaire le contexte dans lequel Henry Raymond a fondé son titre.

Lorsque Henry Raymond et George Jones lancent le New-York Daily Times le 18 septembre 1851, le paysage journalistique new-yorkais laisse largement à désirer, écrit Gail Collins dans un article publié par le New York Times le 17 septembre 2026, à l'occasion d'une série célébrant 175 ans du quotidien. Elle rappelle que les principaux concurrents de l'époque, comme The Sun ou The Courier, consacraient l'essentiel de leur première page à des annonces commerciales plutôt qu'à l'actualité, tandis que des titres plus sérieux comme le Tribune d'Horace Greeley reléguaient souvent les faits marquants en pages intérieures. Seul le New York Herald se distinguait par une couverture internationale plus ambitieuse, relayant par télégraphe les nouvelles d'Europe. L'autrice évoque aussi la profusion de journaux militants de l'époque, consacrés à des causes comme l'abolitionnisme ou les droits des femmes.

Gail Collins souligne qu'à cette époque, les articles n'étaient presque jamais signés, une pratique qui n'évoluera qu'avec la guerre de Sécession, sous la pression de responsables militaires exigeant davantage de responsabilité éditoriale. Elle rappelle que le principal succès initial du Times fut d'abord sa simple survie, dans une ville où plusieurs journaux portant déjà ce nom avaient auparavant disparu. Porté par une petite équipe travaillant dans des conditions modestes, le journal revendiquait déjà, selon l'autrice, un tirage de 10 000 exemplaires moins de deux semaines après son lancement, porté par l'ambition affichée par Henry Raymond d'offrir une couverture indépendante de tout intérêt étroit.

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