(AfriquesPlus) - Alors que les législatives et municipales sont théoriquement attendues début 2027 au Cameroun, les principales formations politiques ont déjà engagé leurs préparatifs. Investitures, formation des cadres, remobilisation des militants, surveillance du processus électoral et recherche d’éventuelles alliances rythment désormais la vie des partis, malgré l’incertitude persistante sur la tenue effective des scrutins à la date annoncée.
La scène politique camerounaise prend progressivement des allures de pré-campagne électorale. Depuis plusieurs mois, les partis multiplient les réunions, réorganisent leurs structures et préparent leurs militants en perspective des prochaines élections législatives et municipales.
Pour autant, le calendrier reste incertain. Les mandats des députés et des conseillers municipaux élus en 2020 pourraient faire l’objet d’une nouvelle prorogation, ce qui pourrait modifier la date des prochains scrutins.
L’UNDP accélère ses préparatifs
Au siège de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), à Yaoundé, les prochaines échéances électorales figurent déjà parmi les principales priorités.
Pierre-Flambeau Ngayap, sénateur et secrétaire général du parti, s’appuie notamment sur le code électoral pour établir ses projections. Selon lui, les législatives et municipales pourraient se tenir entre le 29 janvier et le 8 février 2027, ce qui impliquerait une convocation du corps électoral au cours des dix derniers jours d’octobre 2026.
Sur cette base, l’UNDP, présentée dans le texte comme la deuxième force politique du pays à l’issue des élections de 2020, a commencé à structurer son dispositif électoral.
Dans une circulaire signée le 7 septembre par son président national, Maïgari Bello Bouba, le parti annonce notamment la mise en place de **commissions de préinvestiture**. Celles-ci auront pour mission d’identifier les circonscriptions où la formation estime disposer de possibilités de conquérir des sièges, mais aussi de recueillir et sélectionner les candidatures.
Cette organisation vise à préparer en amont le choix des candidats et à permettre au parti de disposer de listes pour les différents scrutins.
Le SDF mise sur la formation et la surveillance du scrutin
Le Social Democratic Front (SDF) prépare également les prochaines échéances. La formation dirigée par Joshua Osih articule son dispositif autour de plusieurs priorités.
Louis-Marie Kakdeu, deuxième vice-président du parti, évoque d’abord la vérification des inscriptions sur les listes électorales. Le SDF travaille également à la formation de ses représentants dans les bureaux de vote afin de leur permettre d'assurer le suivi des procès-verbaux.
Une cellule de veille doit par ailleurs être mise en place pour signaler d’éventuelles irrégularités.
Sur le plan politique, le parti prépare parallèlement une offre présentée comme alternative et centrée sur les préoccupations socio-économiques des populations ainsi que sur la gouvernance locale.
Le SDF entend enfin renforcer la mobilisation de ses militants et des citoyens, notamment auprès des abstentionnistes. Des campagnes de proximité doivent contribuer à sensibiliser les électeurs à la participation et à la protection du vote.
Le FDC prépare ses candidats dans les communes et les départements
Le Front des démocrates camerounais (FDC), formation plus récente, veut également profiter de ces échéances pour renforcer sa présence sur l’échiquier politique.
Son président, Denis Emilien Atangana, décrit un dispositif reposant notamment sur la remobilisation des bases militantes, la formation des encadreurs électoraux et la présélection des candidats susceptibles de recevoir l’investiture du parti.
Le FDC travaille également à la formation de ses cadres sur la constitution des listes et la préparation des dossiers de candidature.
Le parti affirme ainsi vouloir disposer d'une organisation capable de répondre rapidement à la convocation du corps électoral.
L’UDC mise sur le « coaching » de ses structures
L’Union démocratique du Cameroun (UDC) prépare elle aussi les prochaines élections. La formation, qui participe aux scrutins depuis 1992, à l’exception de la présidentielle de 1997 qu’elle avait boycottée, s’appuie sur les décisions prises lors de son Conseil exécutif national des 28 et 29 août.
Sa présidente nationale, Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, explique que le parti mène actuellement un travail de « coaching » auprès de ses structures. Il s’agit notamment d’évaluer leur situation et d’adapter les consignes en fonction des réalités locales, des nouveaux enjeux et des objectifs fixés par la formation.
Cette démarche doit permettre à l’UDC d’aborder les prochaines consultations avec des structures mieux préparées sur le terrain.
Le MRC veut tourner la page du boycott de 2020
Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) adopte, lui aussi, une nouvelle orientation par rapport aux élections locales précédentes.
Après avoir boycotté les législatives et municipales de 2020, le parti entend cette fois participer aux prochaines échéances. Emmanuel Simh, troisième vice-président du MRC, affirme que la formation compte présenter « le maximum de listes et de candidats ».
Selon lui, les militants ont déjà été sensibilisés et le parti se dit prêt à participer aux élections quelle que soit la date à laquelle le corps électoral sera convoqué.
Cette position marque une évolution importante dans la stratégie électorale du MRC, qui n’avait pas pris part aux scrutins législatifs et municipaux de 2020.
Des préparatifs malgré l’incertitude du calendrier
De l’UNDP au MRC, en passant par le SDF, le FDC et l’UDC, les formations politiques camerounaises ont donc commencé à préparer leurs dispositifs en vue des prochaines législatives et municipales.
Investitures, sélection des candidats, formation des représentants dans les bureaux de vote, contrôle des listes électorales, mobilisation militante et préparation des dossiers de candidature constituent les principaux axes de cette phase préparatoire.
Mais cette mobilisation intervient dans un contexte où la date effective des élections n’est pas encore définitivement acquise, en raison de la possibilité d’une nouvelle prorogation des mandats des élus de 2020.
Les partis se préparent donc à plusieurs scénarios. Certains ont déjà commencé à sélectionner leurs candidats, d’autres renforcent leurs structures territoriales et leur dispositif de surveillance, tandis que le MRC affiche sa volonté de participer massivement aux prochains scrutins.
À quelques mois de l’échéance théorique de début 2027, la vie politique camerounaise entre ainsi progressivement dans une phase de préparation électorale, alors même que le calendrier définitif demeure suspendu aux décisions qui détermineront la date de convocation du corps électoral.