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Climat, l’Afrique veut des actes, pas des promesses
Face aux sécheresses, aux inondations et à la dégradation des ressources, les communautés africaines développent déjà leurs propres solutions
 

(AfriquesPlus) - L’Afrique n’attend plus seulement des engagements internationaux en matière de lutte contre le changement climatique : elle mène déjà des initiatives locales, mais celles-ci restent freinées par le manque de financements et la difficulté à accéder aux ressources. C’est le constat défendu par Vincent Ondieki, coordinateur pour la justice climatique au sein du programme de plaidoyer Afrique de Norwegian Church Aid, dans une tribune publiée le 19 septembre 2026 par Talk Africa.

L’auteur rappelle que le changement climatique frappe particulièrement les populations africaines alors que leur contribution historique aux émissions mondiales reste limitée. Sécheresses, inondations, dégradation des terres et perturbations agricoles affectent déjà les moyens de subsistance de nombreuses communautés. Mais Vincent Ondieki insiste sur une autre réalité : dans plusieurs régions du continent, des populations développent elles-mêmes des réponses pour renforcer leur résilience.

Dans le Sahel, des initiatives locales cherchent notamment à restaurer les terres dégradées. Des agriculteurs combinent des connaissances traditionnelles avec des techniques d’adaptation afin de maintenir la production alimentaire. Des projets portés par des jeunes développent également l’accès aux énergies renouvelables. Les femmes jouent, selon l’auteur, un rôle central dans la stabilité des familles et des communautés, tandis que des responsables religieux participent à la protection des forêts, des ressources en eau et des moyens de subsistance.

Pour Ondieki, le principal problème réside désormais dans l’écart entre les engagements annoncés lors des grands rendez-vous internationaux et leur traduction concrète dans les territoires. Il s’appuie notamment sur le rapport 2026 du Programme des Nations unies pour l’environnement sur le dépassement du seuil de 1,5 °C, qui prévoit que cette limite pourrait être franchie dans les prochaines années. Le rapport souligne néanmoins que des actions rapides peuvent encore réduire l’ampleur et la durée de ce dépassement ainsi que les risques qui en découlent.

La question du financement climatique occupe une place centrale dans la tribune. L’auteur estime que le débat ne devrait pas porter uniquement sur le montant des fonds annoncés, mais aussi sur leur accessibilité, leur prévisibilité et leur capacité à répondre aux réalités locales. Il pose notamment trois questions : qui peut accéder aux financements, qui décide de leur utilisation et quelle part des ressources atteint réellement les communautés les plus exposées.

Les organisations locales de la société civile et les structures confessionnelles sont présentées comme des acteurs importants de cette mise en œuvre. Elles interviennent déjà dans la réponse aux catastrophes, la restauration des écosystèmes, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore le développement des énergies renouvelables. Mais leurs capacités limitées à remplir des procédures administratives complexes et les seuils élevés de certains financements peuvent les empêcher d’accéder directement aux ressources.

Vincent Ondieki plaide donc pour des mécanismes permettant aux organisations implantées dans les communautés de bénéficier plus directement des financements climatiques, sans pour autant diminuer les exigences de transparence et de contrôle. Il propose plutôt de mesurer la responsabilité financière à partir des résultats obtenus sur le terrain : amélioration de la résistance des agriculteurs aux sécheresses, accès à une énergie propre et fiable, restauration des ressources en eau, protection des écosystèmes ou participation effective des femmes et des jeunes aux décisions.

La tribune invite également à modifier le regard porté sur l’Afrique. Au-delà de sa vulnérabilité climatique, le continent dispose, selon l’auteur, d’importantes ressources en énergies renouvelables, d’écosystèmes variés, d’une population jeune et de savoirs locaux susceptibles de contribuer à l’adaptation. Les communautés africaines seraient ainsi déjà porteuses de solutions qui pourraient être développées à une plus grande échelle grâce à des investissements et des partenariats adaptés.

À l’approche de la COP31 prévue en novembre 2026, puis de la COP32 qui doit se tenir à Addis-Abeba en 2027, Vincent Ondieki appelle à placer davantage les priorités africaines et les initiatives locales au centre des négociations climatiques. Il évoque notamment la campagne « Africa Can’t Wait: Interfaith Voices for Just Climate Action », qui cherche à mobiliser les communautés religieuses, la société civile et les citoyens autour d’un objectif d’un million de signatures avant la COP32. 

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