Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation de Laurent Gbagbo, remet la décentralisation au cœur du débat politique ivoirien. Selon L’Infodrome, le parti demande notamment des explications sur la gestion des douze districts autonomes créés en 2021 puis supprimés en janvier 2026.
Présentant son sixième pilier du Pacte social, consacré à la décentralisation et au développement local, le PPA-CI s’interroge sur le bilan de ces structures et sur l’utilisation des ressources qui leur ont été consacrées.
Le secrétaire général adjoint du parti chargé de ce dossier, Ouallo Jean-Luc, veut notamment savoir quelles réalisations ont été effectuées dans ces districts et comment les budgets qui leur étaient alloués ont été utilisés. Le PPA-CI avance une estimation de près de 60 milliards de francs CFA consacrés à leur fonctionnement sur cinq ans et réclame que les montants exacts ainsi que leur utilisation soient établis.
Le parti de Laurent Gbagbo questionne également la multiplication des autorités et structures territoriales, avec la coexistence des gouverneurs, préfets, présidents de conseils régionaux et maires. Il s’interroge sur leur efficacité réelle et sur la répartition de leurs compétences.
Au-delà de ces critiques, le PPA-CI propose une nouvelle approche de la décentralisation. Il préconise une clarification des compétences entre l’État, les régions et les communes, des transferts financiers plus prévisibles, une meilleure mobilisation des ressources locales ainsi qu’une professionnalisation des administrations territoriales.
Selon L’Infodrome, la formation politique plaide également pour la digitalisation du recouvrement, le développement de l’intercommunalité, des partenariats public-privé et une plus grande participation des citoyens à la gestion locale. Elle propose enfin la mise en place d’un système d’information permettant de suivre les budgets, les investissements, les marchés publics et les projets réalisés dans les différents territoires.
Pour le PPA-CI, le développement de la Côte d’Ivoire doit davantage s’appuyer sur ses territoires et sur leurs potentialités dans des secteurs comme l’agriculture, la pêche, l’élevage, le tourisme, l’artisanat, le commerce ou encore l’économie numérique.
Le parti estime ainsi que la décentralisation ne doit pas se limiter à une réorganisation administrative, mais permettre aux territoires de disposer des moyens nécessaires pour assurer leur propre développement.