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Le Caire réaffirme son opposition à tout contrôle unilatéral des eaux du Nil
Le ministre égyptien des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation, Hani Sweilam, affirme que son pays n’acceptera pas qu’un État exerce un contrôle unilatéral sur les eaux du Nil, dans un contexte de tensions persistantes avec l’Éthiopie autour du Grand
 

(Afriquesplus)- L’Égypte réaffirme sa fermeté dans le différend qui l’oppose à l’Éthiopie au sujet de l’utilisation des eaux du Nil. Lors d’une rencontre avec des représentants de médias internationaux et étrangers accrédités en Égypte, le ministre égyptien des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation, Hani Sweilam, a déclaré que son pays ne permettrait pas qu’un contrôle soit exercé sur les eaux du fleuve.

Dans un article publié le 21 septembre, Egypt Today rapporte que le ministre réagissait notamment à des déclarations du ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itafa. Celui-ci avait expliqué, dans une interview publiée en août par The Pulse of Africa, que les barrages construits en Éthiopie s’inscrivaient dans une stratégie de développement reposant notamment sur le contrôle de l’eau.

Pour Hani Sweilam, ces déclarations traduisent une évolution du discours éthiopien sur les objectifs du Grand barrage de la Renaissance (GERD). Le responsable égyptien estime que le projet ne doit pas être présenté uniquement comme une infrastructure destinée à produire de l’électricité et à soutenir le développement économique de l’Éthiopie.

Le ministre a également rappelé que Le Caire avait participé pendant plusieurs années aux négociations visant à parvenir à un accord sur le remplissage et le fonctionnement du barrage, sans parvenir à un compromis avec Addis-Abeba. L’Égypte considère que la gestion d’un ouvrage situé sur un fleuve partagé avec d’autres pays doit tenir compte des intérêts des États situés en aval.

Le débat sur la souveraineté

Le désaccord porte également sur l’interprétation de la souveraineté des États sur le Nil. L’Éthiopie défend le caractère souverain de ses projets de développement et considère le Grand barrage de la Renaissance comme une infrastructure essentielle à ses besoins énergétiques.

Le Caire conteste cette approche lorsqu’elle concerne un cours d’eau international. Hani Sweilam estime ainsi que la construction d’un barrage sur un fleuve partagé ne peut être assimilée à la réalisation d’une infrastructure située exclusivement à l’intérieur des frontières nationales.

Le ministre égyptien a par ailleurs affirmé que son pays utiliserait les moyens prévus par le droit international pour protéger sa sécurité hydrique. L’Égypte considère le Nil comme une ressource vitale pour sa population et son économie.

Cette position intervient alors que le différend entre l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie demeure marqué par l’absence d’un accord juridiquement contraignant sur le fonctionnement du barrage. Addis-Abeba considère pour sa part le GERD comme un projet de développement destiné notamment à accroître sa capacité de production électrique, tandis que l’Égypte et le Soudan demandent des garanties concernant les conditions de remplissage et d’exploitation de l’ouvrage, notamment en période de sécheresse.

Le dossier du Nil reste ainsi l’un des principaux contentieux liés à la gestion des ressources en eau en Afrique. Les trois pays continuent de défendre des intérêts différents autour du partage et de la gestion d’un fleuve qui traverse plusieurs États du bassin du Nil.

 

 

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