(AfriquesPlus) - Les déficits pluviométriques enregistrés pendant la principale saison des pluies font craindre une baisse importante des récoltes et une aggravation de l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions de l’Éthiopie.
Dans un article publié le 16 septembre 2026, l'Agence de presse africaine (APAnews) rapporte, sur la base de la dernière mise à jour du réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET), que les précipitations ont été inférieures de plus de 50 % à la moyenne dans une grande partie du pays. Cette situation fait peser des risques importants sur la saison agricole Meher, qui s’étend des semis de juin-juillet jusqu’en décembre.
La saison Meher représente à elle seule plus de 85 % de la production agricole nationale. Le déficit de pluie a retardé les semis et perturbé le développement des cultures, notamment dans les régions du nord, du centre et de l’est. Selon FEWS NET, les récoltes céréalières devraient ainsi être inférieures à la moyenne.
La baisse attendue de la production pourrait également réduire les stocks alimentaires et les revenus issus du travail agricole. Une situation particulièrement préoccupante dans un pays où une grande partie des ménages dépend directement de l’agriculture et de l’élevage pour ses moyens de subsistance.
FEWS NET prévoit que plusieurs zones agricoles et pastorales affectées par la sécheresse resteront confrontées à des niveaux d’insécurité alimentaire correspondant à la phase 3, dite « Crise », du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), jusqu’en janvier 2027. Certains ménages pourraient même basculer dans la phase 4, correspondant à une situation d’« Urgence ».
Les récoltes attendues à partir d’octobre pourraient toutefois améliorer temporairement l’accès à la nourriture et aux revenus dans certaines régions du centre et du sud. Cette amélioration ne devrait pas suffire à inverser la tendance dans les zones les plus durement touchées du nord et de l’est, où la faiblesse de la production devrait continuer à alimenter les conditions de crise.
Cette nouvelle perturbation climatique intervient alors que l’Éthiopie fait déjà face à un contexte humanitaire difficile, marqué notamment par les conflits, les déplacements de population, les difficultés économiques et les perturbations répétées de la production agricole.
Face à l’aggravation des besoins, la FAO recherche 50 millions de dollars pour soutenir 4,66 millions de personnes confrontées à une détérioration de leur sécurité alimentaire et à des pertes de moyens de subsistance. De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte plus largement sur les risques liés aux chocs climatiques pour les populations vulnérables en Afrique de l’Est et en Afrique australe.