(AfriquesPlus) - Le manque de confiance entre les citoyens, les institutions, les gouvernements et les entreprises constitue désormais un risque pour le commerce, l’investissement et la création d’emplois au Kenya et, plus largement, en Afrique. Dans un article publié le 18 septembre 2026 par The Star, le journaliste Martin Mwita s’appuie sur plusieurs responsables et experts pour analyser les conséquences économiques de cette défiance, alors que Nairobi doit accueillir le Global Trust Summit du 21 au 23 octobre.
Selon les données du Edelman Trust Barometer citées par l’article, entre 72 % et 76 % des Kenyans déclarent faire confiance au secteur privé, contre seulement 38 % à 47 % pour le gouvernement. Cette défiance envers les institutions publiques est notamment associée à la corruption, au coût de la vie, aux promesses non tenues, à la politisation des institutions et aux préoccupations concernant l’État de droit et la sécurité.
Le secrétaire principal aux Affaires étrangères, Korir Sing’oei, estime que le problème ne réside pas dans l’absence d’accords, mais dans leur mise en œuvre. Il souligne que l’écart entre les engagements pris et les résultats effectivement obtenus pèse directement sur l’activité économique : pour les entreprises, les retards aux frontières, l’incertitude réglementaire et les difficultés d’accès aux marchés peuvent augmenter les coûts et freiner les décisions d’investissement.
Sing’oei cite la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) comme exemple de l’importance de l’application concrète des accords. Il rappelle notamment une première expédition kényane réalisée en 2022 vers le Ghana dans le cadre de l’initiative sur le commerce guidé, estimant que cette opération n’a été possible que grâce à l’adaptation des procédures douanières, des règles tarifaires et de la documentation.
Le représentant résident du PNUD au Kenya, Jean-Luc Stalon, insiste de son côté sur le lien entre coopération internationale et conditions de vie. Selon lui, les citoyens évaluent les engagements internationaux à leurs effets concrets sur l’emploi, les revenus, la sécurité et les opportunités. La directrice Afrique d’Oxfam International, Fati N’Zi-Hassane, souligne également que la confiance joue un rôle dans la gouvernance, la cohésion sociale et le progrès économique.
Le phénomène dépasse ainsi la seule question du commerce. L’intégration régionale, les systèmes financiers, la santé, le climat et les technologies nécessitent eux aussi une coopération fondée sur des engagements crédibles. Les organisateurs du sommet de Nairobi souhaitent donc mettre en place un mécanisme permettant de suivre les engagements pris, avec des responsables identifiés et des échéances précises, afin de passer des déclarations à des résultats mesurables.