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En Afrique, l’aviation reste dépendante des hubs étrangers
Les tensions au Moyen-Orient ont révélé la fragilité du transport aérien africain. Pour Arthur Shirichena, l’Afrique doit renforcer ses liaisons internes et ses propres hubs afin de réduire sa dépendance à Dubaï, Doha, Istanbul et aux plateformes européen
 

(AfriquesPlus) - L’aviation africaine reste fortement dépendante de plateformes situées en dehors du continent, une vulnérabilité mise en lumière par les perturbations de l’espace aérien du Golfe en 2026. Dans une analyse publiée le 14 septembre 2026 par Investing.com, Arthur Shirichena, chercheur en droit aérien, estime que l’Afrique doit renforcer ses liaisons aériennes internes pour réduire son exposition aux crises extérieures.

De nombreux voyageurs africains doivent encore passer par Dubaï, Doha, Abou Dhabi, Istanbul ou des hubs européens pour rejoindre d’autres pays du continent. Cette situation trouve en partie ses origines dans les réseaux aériens hérités de la période coloniale, conçus principalement pour relier les territoires africains aux capitales européennes. Selon l’article, les compagnies non africaines assurent encore près de 70 % de la capacité intercontinentale du continent.

Les perturbations liées aux tensions au Moyen-Orient ont ainsi provoqué des détours, des retards et une hausse des coûts pour les compagnies africaines. Le transport aérien du continent est déjà pénalisé par des charges élevées, notamment le prix du carburant, qui représente entre 30 % et 40 % des coûts d’exploitation. Ces difficultés affectent également le fret aérien, essentiel à l’exportation de produits périssables comme les fruits et légumes.

Pour Arthur Shirichena, la crise révèle aussi le potentiel de plusieurs hubs africains, parmi lesquels Addis-Abeba, Nairobi, Johannesburg, Le Caire et Casablanca. Ces plateformes pourraient capter davantage de trafic à condition d’améliorer les infrastructures, de faciliter les déplacements entre pays africains et de mieux coordonner les services aériens. L’exemple d’Ethiopian Airlines est présenté comme une illustration de ce que peut permettre une politique cohérente et une certaine autonomie opérationnelle.

L’auteur rappelle que plusieurs instruments existent déjà pour favoriser cette intégration, notamment la Décision de Yamoussoukro, le Marché unique africain du transport aérien (SAATM) lancé en 2018 et le rôle de la Commission africaine de l’aviation civile. Mais leur mise en œuvre reste limitée par les intérêts nationaux, les différences réglementaires et la faiblesse de la coordination institutionnelle.

L’article appelle donc à passer des engagements à leur application effective. La Commission africaine de l’aviation civile devrait disposer de davantage de moyens pour contrôler le respect des accords, coordonner les réponses aux crises et faciliter le règlement des différends. Pour l’auteur, l’ouverture des marchés ne pourra produire ses effets que si elle s’accompagne de règles communes réellement appliquées et d’institutions capables de les faire respecter.

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