(AfriquesPlus) - Plus de 8 000 personnes seraient encore portées disparues sous les décombres à Gaza, tandis que plus de 630 corps et restes humains ont été récupérés depuis novembre 2025. Face à l’ampleur des découvertes, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme réclame un accès complet du territoire aux enquêteurs internationaux.
Dans un article publié le 15 septembre 2026, Africanews, avec l’AFP, rapporte que Volker Türk a appelé à permettre aux enquêteurs internationaux d’accéder à toutes les zones de la bande de Gaza afin de recueillir et préserver les éléments susceptibles d’éclairer les circonstances des décès. Cette demande intervient alors que les opérations de récupération des corps se poursuivent sous les bâtiments détruits.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (OHCHR), la Défense civile palestinienne a récupéré plus de 630 corps et restes humains sous les bâtiments détruits entre novembre 2025 et septembre 2026. Elle estime à plus de 8 000 le nombre de personnes toujours ensevelies sous les décombres à travers Gaza.
Volker Türk a souligné que les restes retrouvés semblent parfois appartenir à des familles entières. Il a demandé que tous les efforts possibles soient déployés pour documenter et identifier les victimes, préserver les informations médico-légales et les échantillons biologiques, enregistrer les lieux d’inhumation et informer les familles.
Entre le 27 juin et le 27 août, la Défense civile palestinienne a indiqué avoir récupéré 233 corps sur 407 personnes qui seraient encore ensevelies sous les décombres de 20 bâtiments détruits, principalement dans la ville de Gaza. Parmi les 233 corps et restes retrouvés figuraient 74 enfants et 106 femmes.
Les opérations se poursuivent également dans le quartier d’Al-Zeitoun, au sud-est de Gaza. La Défense civile y a annoncé ce mois-ci la récupération de 96 corps et restes humains sur un site qui aurait été bombardé en novembre 2023. Cinquante-huit enfants et 23 femmes figuraient parmi les victimes retrouvées, la plupart des restes ayant été récupérés à la main.
Pour le Haut-Commissaire de l’ONU, ces découvertes soulèvent de sérieuses préoccupations concernant le respect du droit international et la possibilité que des violations graves, notamment des crimes de guerre, aient été commises. Il estime que la découverte de nombreux restes sous les décombres doit également conduire à examiner les circonstances des attaques ayant détruit les bâtiments concernés.
Volker Türk a par ailleurs insisté sur la nécessité de préserver les éléments de preuve, notamment dans le contexte des procédures judiciaires portant sur la conduite des hostilités à Gaza. Il a demandé que les enquêteurs internationaux puissent accéder à l’ensemble du territoire pour contribuer à la collecte et à la conservation de ces éléments.
L’ONU souligne également les difficultés matérielles rencontrées par les équipes palestiniennes. Selon les informations présentées lors d’un briefing de l’ONU à Genève, la Défense civile ne dispose que d’une pelle mécanique pour mener ces opérations et doit régulièrement intervenir à mains nues dans les décombres. L’organisation estime que, au rythme actuel, la récupération des corps encore ensevelis pourrait prendre au moins dix ans.
Le Haut-Commissariat rappelle enfin que le droit des familles à connaître le sort de leurs proches ne se limite pas à l’identification et à un enterrement digne. Pour l’ONU, les circonstances des décès doivent également être établies et les éléments permettant d’éventuelles enquêtes doivent être préservés.