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Hakainde Hichilema rempile en Zambie
Avec quelque 60% des suffrages valides, il devance nettement son principal rival, Brian Mundubile, crédité de 38%. Un écart confortable sur le papier, qui masque toutefois la poussée inattendue de son adversaire
 

(AfriquesPlus) - Hakainde Hichilema reste maître du jeu à Lusaka. Le chef de l'État zambien vient de décrocher un second mandat, selon les résultats officiels dévoilés par la commission électorale aux premières heures de mardi, rapporte l'agence Reuters dans une dépêche signée Chris Mfula et datée du 17 août 2026. Avec quelque 60% des suffrages valides, il devance nettement son principal rival, Brian Mundubile, crédité de 38%. Un écart confortable sur le papier, qui masque toutefois la poussée inattendue d'un adversaire porté par la colère des électeurs face à la cherté de la vie.

Rien ne semblait pouvoir déstabiliser le sortant. À 64 ans, l'homme en était à sa septième tentative de conquête de la présidence et bénéficiait de tous les atouts d'un titulaire en exercice, note Reuters. En face, Brian Mundubile découvrait l'exercice.

Sur le terrain, les deux hommes ont opposé deux lectures radicalement différentes du pays. Le président a brandi son bilan : celui d'une économie remise d'aplomb depuis son arrivée aux affaires en 2021, alors que la Zambie pataugeait dans une crise de la dette héritée de la pandémie. Son rival, lui, a préféré parler du quotidien des ménages, martelant que les beaux indicateurs macroéconomiques ne se traduisent pas dans l'assiette des Zambiens, selon la dépêche.

L'enjeu dépasse d'ailleurs les frontières du pays. Assise sur d'immenses réserves de cuivre, la Zambie fait l'objet d'une lutte d'influence entre Pékin et Washington, tous deux avides de ses minerais stratégiques, rappelle l'agence.

Jusqu'au vote du 13 août, tout s'était déroulé dans un calme relatif. Puis la machine s'est grippée, raconte Reuters.

Dans la nuit même du scrutin, les forces de l'ordre ont interpellé onze personnes — dont des têtes d'affiche de l'opposition — au cours d'une descente où des tirs ont été échangés, alors que M. Mundubile se trouvait sur place, indique la dépêche.

Le lendemain, nouveau coup de théâtre : la commission électorale a dû interrompre le comptage des voix pendant plusieurs heures, après des signalements d'agressions contre des agents électoraux et des vols de bulletins, poursuit la même source.

M. Mundubile affirme, lui, avoir eu vent de manipulations possibles des procès-verbaux remontés des bureaux de vote et exige une investigation indépendante sans délai. Des accusations que l'entourage du président réélu qualifie de mensonges, selon Reuters.

L'opposition ne devrait pas reconnaître le verdict des urnes et saisira vraisemblablement la justice, avec peu d'espoir de l'emporter, pronostique Greg Musiker, analyste chargé de la Zambie au cabinet Signal Risk, cité par l'agence de presse.

Sur le risque d'embrasement, l'expert se veut toutefois rassurant : « Bien que des violences politiques localisées soient possibles dans les prochains jours, des troubles généralisés ne sont pas attendus », a-t-il déclaré.

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