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Investir en Bourse, le nouveau sport populaire africain
Des zones rurales du Nigeria jusqu'aux réseaux sociaux, l'investissement boursier gagne un public inédit en Afrique, selon The Economist. L'introduction en Bourse de la raffinerie d'Aliko Dangote a cristallisé cet engouement populaire
 

(AfriquesPlus) - Le lancement de la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée sur le continent électrise les marchés financiers africains. Portées par une nouvelle génération d'investisseurs particuliers, plusieurs places boursières affichent des performances XXL cette année.

Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique avec une fortune estimée à 30 milliards de dollars, a lancé le 14 septembre la plus grande introduction en Bourse jamais réalisée sur le continent pour sa raffinerie de pétrole, selon un article de The Economist publié le 15 septembre 2026. L'opération vise à lever 1,6 milliard de dollars pour une valorisation proche de 50 milliards de dollars, ce qui pourrait faire de l'entreprise, dès l'entame de sa cotation à la Bourse du Nigeria en novembre, l'une des sociétés cotées les plus valorisées du continent. Visiblement enthousiaste, le magnat confie à The Economist que jusqu'à son propre chauffeur et sa mère devraient désormais détenir une part de l'entreprise, plaisantant même sur la nécessité future de tenir ses assemblées générales dans un stade.

L'engouement dépasse largement le cercle des investisseurs institutionnels. Le marché boursier nigérian a mis en place des terminaux de paiement permettant aux investisseurs des zones rurales d'acheter des actions, tandis que des créateurs de contenu sur TikTok encouragent la diaspora africaine à investir, et que l'application de trading Bamboo a connu une panne technique face à l'afflux de demandes lors de l'ouverture de l'introduction en Bourse.

The Economist souligne que l'indice de référence nigérian a progressé de 71 % en dollars cette année, une performance comparable à celle de la Corée du Sud, tandis que l'indice ghanéen a gagné plus de 50 % et que l'indice zambien s'est maintenu à un niveau deux fois supérieur à celui de l'année précédente. Si les marchés africains restent marginaux à l'échelle mondiale, représentant moins de 1 % de la capitalisation boursière planétaire, l'hebdomadaire relève qu'ils se sont montrés plus résistants qu'attendu, ayant traversé sans dommage majeur la pandémie de Covid-19 puis le récent conflit dans le Golfe.

Cette embellie s'appuie aussi, selon l'article, sur des politiques économiques plus rigoureuses, le Ghana et le Nigeria étant cités en exemple pour avoir maîtrisé l'inflation et renforcé la réglementation bancaire, une évolution qui a conduit l'indiciste FTSE Russell à revenir sur sa décision de 2023 d'écarter le Nigeria de ses classements. Des entreprises grand public profitent directement de cette dynamique, à l'image de MTN Nigeria, passée d'une perte en 2024 à un bénéfice net record de plus de 700 millions de dollars en 2025, tandis que des start-ups technologiques comme Bamboo, forte de 2,3 millions d'utilisateurs au Nigeria, au Ghana, au Kenya et en Afrique du Sud, ont enregistré au premier trimestre 2026 davantage d'échanges sur les actions nigérianes que sur les actions américaines, une transaction moyenne sur la plateforme ne dépassant pas 50 dollars. 

The Economist prévient toutefois que cet attrait pour les gains potentiels s'accompagne d'une volatilité réelle, illustrée par la correction de 20 % subie par le marché malawite depuis son pic de novembre, incitant certains promoteurs sur les réseaux sociaux à comparer désormais l'investissement à un « big boy game ».

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