(AfriquesPlus) - L’Ouganda a annoncé, samedi 20 septembre 2026, la suspension avec effet immédiat de sa coopération militaire et de défense avec la Turquie, sur fond de tensions entre Kampala et Ankara autour du cas de Fred Lumbuye, blogueur et commentateur politique ougandais critique du président Yoweri Museveni.
Dans un article publié le 20 septembre 2026, Africanews, avec l’Agence France-Presse (AFP), rapporte que le porte-parole des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF), Chris Magezi, a justifié cette mesure par l’existence de « questions en suspens » concernant la coopération militaire et la défense entre les deux pays. Il n’a toutefois pas précisé la nature de ces différends.
Au cœur de la crise figure Fred Lumbuye, réclamé par les autorités ougandaises qui souhaitent son extradition depuis la Turquie. Le blogueur fait l’objet de 15 chefs d’accusation en Ouganda, notamment pour incitation à la violence, diffusion de fausses informations et usage abusif de systèmes informatiques.
Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni, a demandé à plusieurs reprises aux autorités turques de procéder à son extradition. La situation s’est encore tendue vendredi, avec une manifestation de milliers de sympathisants de la Patriotic League of Uganda (PLU) devant l’ambassade de Turquie à Kampala.
La suspension intervient alors que Kampala et Ankara entretiennent depuis près d’une décennie des relations étroites dans le domaine de la défense. Cette coopération porte notamment sur la formation militaire, les équipements et les armes, la surveillance, les transferts de technologie et la lutte contre le terrorisme.
Le différend dépasse désormais le seul cadre militaire. L’Ouganda avait auparavant menacé d’annuler un contrat d’environ trois milliards de dollars attribué au groupe turc Yapi Merkezi pour la construction du projet de chemin de fer à écartement standard (SGR). Kampala avait également évoqué la possibilité d’expulser des ressortissants turcs présents sur son territoire.
La durée de la suspension dépendra du règlement des questions opposant les deux parties. Pour l’heure, les autorités ougandaises n’ont pas indiqué quelles conditions précises devront être réunies pour permettre une reprise de la coopération militaire avec Ankara.