(AfriquesPlus) - Le Botswana veut monter au capital de De Beers, mais sans s'engager sur un niveau précis. Selon Michael Cohen, de Bloomberg (21 septembre 2026), le vice-président et ministre des Finances, Ndaba Gaolathe, l'a affirmé vendredi dans un entretien à Bloomberg TV, à Londres. Il n'a pas de «chiffre magique» en tête, mais l'État, qui détient aujourd'hui 15 % du numéro un mondial du diamant, veut en détenir davantage lorsque Anglo American cédera son bloc.
Le contexte est celui d'une crise. Le diamant, qui fait vivre l'économie botswanaise depuis sa découverte en 1967, s'est nettement déprécié ces dernières années sous l'effet des pierres de synthèse, moins chères, et de la demande chinoise en recul. Anglo American a donc mis en vente ses 85 % de De Beers. Un groupe emmené par l'ancien directeur général de De Beers, Gareth Penny, a été retenu comme candidat privilégié. Selon des sources citées par Bloomberg en juillet, un accord pourrait valoir environ un milliard de dollars, très loin de la valeur passée de l'entreprise.
Le vice-président prévient que le Botswana n'a plus les moyens de «jeter de l'argent» dans quoi que ce soit, même s'il le voulait. Le diamant restera central, ajoute-t-il, mais l'État n'investira pas de façon irresponsable. Il estime aussi que les partenariats doivent évoluer, car la façon de vendre les diamants ne peut plus être celle d'hier.
Pour Ndaba Gaolathe, la crise doit accélérer la diversification de l'économie. Le gouvernement veut améliorer la collecte de l'impôt, aligner ses dépenses sur ses recettes, réduire les dépenses inutiles et mieux gérer les projets d'infrastructure. Il table sur un déficit d'environ 8 % du PIB cette année, contre 8,9 % prévus auparavant, puis sur un retour entre 4 % et 5 % d'ici deux à trois ans.