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Le Brief d’AfriquesPlus du jeudi 13 août 2026
De Kinshasa à Pretoria, du Caire à Addis-Abeba, en passant par Abuja et les capitales de l’Alliance des États du Sahel, l’actualité africaine de ce jeudi 13 août est dominée par les urgences sécuritaires, sanitaires et politiques.
 

De Kinshasa à Pretoria, du Caire à Addis-Abeba, en passant par Abuja et les capitales de l’Alliance des États du Sahel, l’actualité africaine de ce jeudi 13 août est dominée par les urgences sécuritaires, sanitaires et politiques. La crise Ebola en République démocratique du Congo prend une tournure particulièrement alarmante, l’Afrique du Sud reste confrontée au défi de la criminalité violente, le Nigeria cherche à accélérer ses investissements gaziers tandis que l’Égypte multiplie les initiatives diplomatiques autour de Gaza et des BRICS. En Afrique australe, la Zambie vote aujourd’hui dans une élection présidentielle qui constitue également un test pour la consolidation démocratique et la trajectoire économique du pays.

 RDC : l’épidémie d’Ebola inquiète la communauté internationale

C’est sans doute l’un des sujets les plus préoccupants de la presse africaine et internationale de ce jeudi. En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola continue de progresser à un rythme jugé exceptionnel par les autorités sanitaires.

Associated Press rapporte aujourd’hui que l’Organisation mondiale de la santé estime désormais que l’épidémie congolaise pourrait dépasser, en gravité, la plus meurtrière jamais enregistrée dans l’histoire d’Ebola. Le précédent historique avait fait plus de 11 000 morts. 

Cette alerte intervient alors que le bilan de l’épidémie congolaise ne cesse de s’alourdir. L’OMS indiquait fin juillet plus de 3 600 cas confirmés et près de 1 600 décès, avec des cas recensés dans plusieurs dizaines de zones de santé de cinq provinces.

Reuters, qui suit depuis plusieurs semaines cette crise sanitaire, souligne que le nombre de cas confirmés avait déjà franchi la barre des 4 000 début août et décrit l’épidémie comme la plus rapide propagation jamais observée pour cette maladie. 

Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’épidémie se développe dans l’est du pays, une région déjà profondément fragilisée par les conflits armés, les déplacements de populations et l’insuffisance des infrastructures sanitaires. La crise Ebola risque ainsi de devenir non seulement une urgence médicale, mais également une nouvelle épreuve pour l’État congolais et ses partenaires humanitaires.

Afrique du Sud : la criminalité violente toujours au cœur des inquiétudes

En Afrique du Sud, la presse continue de s’intéresser à la question de la criminalité et de la capacité de la police à restaurer la confiance de la population.

Les fusillades qui ont récemment ensanglanté plusieurs quartiers du Cap ont relancé le débat sur l’efficacité des forces de sécurité. Trois attaques distinctes à Khayelitsha, Langa et Gugulethu ont fait au moins onze morts. 

Cette actualité nourrit les interrogations sur la capacité des autorités à contenir la violence criminelle dans les grandes agglomérations. EWN rapporte aujourd’hui que des experts considèrent notamment les caméras individuelles portées par les policiers comme un outil susceptible de contribuer à restaurer la confiance entre la police et la population

La question sécuritaire dépasse toutefois le seul cadre policier. Elle touche également aux inégalités sociales, à la pauvreté urbaine, au chômage et à l’emprise de réseaux criminels structurés.

Sur le terrain politique, l’Afrique du Sud continue par ailleurs de jouer un rôle actif dans les efforts diplomatiques concernant le Soudan. Le ministre des Relations internationales, Ronald Lamola, a indiqué que Pretoria soutenait l’organisation d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine en Angola consacré au conflit soudanais. 

Pretoria cherche donc à conjuguer deux priorités : répondre à ses propres urgences sécuritaires et continuer à affirmer son ambition diplomatique sur les grands dossiers du continent.

 Nigeria : le gaz au cœur de la stratégie économique

Au Nigeria, la presse économique met particulièrement l’accent ce jeudi sur le gigantesque déficit d’infrastructures du secteur gazier.

The Guardian Nigeria rapporte que le gouvernement cherche à mobiliser davantage de capitaux privés et multilatéraux afin de combler un déficit d’investissement estimé à 200 milliards de dollars sur dix ans. 

L’enjeu est considérable pour Abuja. Le Nigeria dispose de ressources gazières parmi les plus importantes du continent, mais leur valorisation reste freinée par les insuffisances des infrastructures, les difficultés de financement et les problèmes persistants de sécurité dans certaines zones productrices.

Le gouvernement entend donc faire du gaz un moteur de croissance, d’industrialisation et de diversification économique. La question est désormais de savoir si Abuja parviendra à attirer les capitaux nécessaires tout en améliorant l’environnement réglementaire et la sécurité des investissements.

Sur un autre front, la réforme du secteur de la sécurité demeure également à l’agenda politique. La présidence nigériane a fixé à ce jeudi la date limite pour les contributions publiques au projet de loi sur la police d’État. 

Le débat sur les polices d’État est particulièrement sensible dans un pays confronté à des défis sécuritaires multiples, allant du terrorisme aux violences communautaires et à la criminalité organisée.

 Éthiopie : migration, sécurité et libertés publiques sous surveillance

En Éthiopie, l’actualité du jour est marquée par une nouvelle alerte concernant l’ampleur de la migration vers le Yémen.

Addis Standard rapporte que les Éthiopiens représentaient 91 % des 13 687 migrants arrivés au Yémen en juillet 2026. 

Ces chiffres illustrent la persistance de la pression économique et sociale qui pousse des milliers d’Éthiopiens à emprunter les routes migratoires particulièrement dangereuses de la Corne de l’Afrique vers le Yémen et, pour beaucoup, vers les pays du Golfe.

Cette situation s’inscrit dans un contexte régional extrêmement fragile, marqué par les conflits, les difficultés économiques et les déplacements de populations.

Sur le terrain politique et des libertés publiques, l’Éthiopie reste également sous surveillance. Le Comité pour la protection des journalistes a dénoncé les pressions exercées contre Addis Standard, dont le rédacteur en chef avait été détenu et les locaux perquisitionnés quelques jours auparavant. 

Le dossier de la liberté de la presse reste donc un sujet sensible alors que le pays tente de consolider les institutions après les élections générales de juin.

 Égypte : Le Caire sur plusieurs fronts diplomatiques

En Égypte, Al-Ahram Weekly, dans son édition du 13 août, met en avant une diplomatie égyptienne particulièrement active.

Le dossier de Gaza occupe une place centrale. Le Caire critique le rejet par Israël de la feuille de route proposée pour mettre fin au conflit et insiste sur la nécessité d'en appliquer l'ensemble des dispositions.

L’Égypte demeure ainsi un acteur incontournable des efforts diplomatiques autour de Gaza, en raison notamment de sa proximité géographique avec le territoire palestinien et de son rôle traditionnel de médiateur entre les différentes parties.

Mais la diplomatie égyptienne ne se limite pas au Proche-Orient. Al-Ahram Weekly souligne également l’engagement du Caire dans le renforcement de sa coopération économique avec les pays des BRICS. La participation égyptienne à la réunion des ministres du Commerce et de l’Industrie des BRICS en Inde illustre la volonté du président Abdel Fattah al-Sissi d’élargir les partenariats économiques du pays. 

Le Caire cherche ainsi à consolider simultanément son rôle politique au Moyen-Orient et sa place dans les nouvelles configurations économiques du Sud global.

 AES : le silence relatif des grands titres ne doit pas masquer les enjeux

Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger — l’actualité du jour apparaît moins fournie dans les grandes agences internationales que celle de la RDC, du Nigeria ou de l’Afrique australe.

L’actualité régionale reste néanmoins dominée par la poursuite de la transition politique et sécuritaire, ainsi que par la consolidation progressive des structures communes de l’AES. L’Union africaine continue d’ailleurs de suivre attentivement les évolutions politiques au Burkina Faso et au Niger, notamment dans le cadre de son Conseil de paix et de sécurité. 

La question sécuritaire demeure au cœur des préoccupations, alors que les trois pays revendiquent une plus grande autonomie stratégique et cherchent à renforcer leurs propres mécanismes de défense.

Cette dynamique s'accompagne d'une transformation profonde des rapports avec les organisations régionales traditionnelles. La sortie de l’ECOWAS a consacré une nouvelle architecture politique en Afrique de l’Ouest, tandis que Bamako, Ouagadougou et Niamey cherchent à donner davantage de contenu institutionnel et économique à leur alliance.

L’un des défis majeurs de l’AES reste toutefois de démontrer que la souveraineté revendiquée peut se traduire par des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des populations : sécurité, alimentation, emploi, infrastructures et accès aux services publics.

 Zambie : le continent regarde vers Lusaka

Autre grand rendez-vous africain de ce jeudi : la Zambie vote.

Les électeurs zambiens sont appelés aux urnes pour élire simultanément leur président, leurs députés et leurs représentants locaux. Le président sortant Hakainde Hichilema est donné favori pour obtenir un second mandat. 

Selon la presse internationale, l’un des principaux enjeux de cette élection est de savoir si le redressement macroéconomique engagé après le défaut de paiement de la dette pourra se traduire par davantage d’emplois et une amélioration du pouvoir d’achat.

Le scrutin est également marqué par l’ombre de l’ancien président Edgar Lungu, décédé en 2025, dont les partisans soutiennent aujourd’hui l’opposition. The Guardian souligne que la rivalité politique entre Hichilema et l’ancien camp de Lungu continue de peser sur la campagne. 

Pour la Zambie, le scrutin constitue donc un double test : démocratique, mais aussi économique, dans un pays dont la trajectoire dépend largement de l’évolution du secteur du cuivre et de sa capacité à consolider son redressement financier.

Santé et migrations : deux crises transfrontalières

Au-delà des crises nationales, une autre tendance ressort de la presse africaine de ce jeudi : la multiplication des problèmes qui dépassent les frontières.

L’épidémie d’Ebola en RDC en est l’exemple le plus spectaculaire. La maladie se propage dans une région où les mouvements de populations sont nombreux et où les capacités sanitaires sont fortement sollicitées. L’OMS considère désormais que l’épidémie est susceptible de devenir la plus meurtrière jamais enregistrée. 

La migration constitue une autre illustration. Les milliers d’Éthiopiens qui prennent chaque mois la route du Yémen témoignent d’une crise qui ne peut être comprise uniquement à l’échelle nationale. 

À cela s’ajoutent les mouvements de migrants en provenance d’autres régions africaines, dans un contexte où les conflits, les dérèglements climatiques et les difficultés économiques continuent d’alimenter les déplacements.

 Ce qu’il faut retenir de la presse africaine de ce 13 août

La lecture des journaux et des grandes agences fait apparaître quatre grandes lignes de force.

Premièrement, la question sécuritaire reste omniprésente. De l’Afrique du Sud au Sahel, en passant par la RDC, les États africains sont confrontés à des formes de violence de plus en plus diverses : criminalité organisée, conflits armés, terrorisme ou violences communautaires.

Deuxièmement, la crise sanitaire congolaise change d’échelle. L’alerte de l’OMS sur le risque de voir l’épidémie d’Ebola dépasser le précédent historique constitue l’un des faits majeurs de cette journée africaine. 

Troisièmement, la bataille économique reste centrale. Le Nigeria veut mobiliser 200 milliards de dollars pour son secteur gazier, tandis que l’Égypte cherche à renforcer ses partenariats au sein des BRICS et que la Zambie tente de transformer son redressement macroéconomique en croissance plus inclusive. 

Enfin, les recompositions politiques se poursuivent. L’élection zambienne, les transitions de l’AES, la diplomatie égyptienne et le rôle croissant de l’Afrique du Sud dans les dossiers continentaux montrent une Afrique en pleine redéfinition de ses équilibres politiques et stratégiques.

 En conclusion

Ce jeudi 13 août 2026 donne l’image d’un continent à la fois sous pression et en mouvement. Sous pression face aux crises sécuritaires, sanitaires et sociales ; en mouvement parce que les États cherchent parallèlement de nouvelles alliances, de nouveaux financements et de nouvelles marges de souveraineté.

De Kinshasa à Bamako, de Pretoria au Caire, d’Abuja à Addis-Abeba et de Lusaka à Niamey, une même question traverse finalement l’actualité : comment transformer les immenses ressources et les ambitions politiques de l’Afrique en stabilité durable et en amélioration concrète des conditions de vie de ses populations ?.

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