Skip to main content
Le Brief d’AfriquesPlus du samedi 26 septembre 2026
La dégradation de la situation sécuritaire en Éthiopie et au Sahel, la persistance des crises humanitaires, notamment en RDC, ainsi que la montée des tensions diplomatiques et politiques en Afrique., dominent l’actualité
 

(AfriquesPlus) - De l’Afrique australe à la Corne de l’Afrique, en passant par le Nigeria, l’Égypte, la RDC et le Sahel, la presse africaine de ce samedi 26 septembre met en évidence une actualité dominée par les questions sécuritaires, les tensions politiques et les enjeux diplomatiques. **L’Éthiopie occupe une place centrale**, avec une nouvelle escalade militaire au Tigré, tandis que le Nigeria fait face à une controverse autour de la mort de 37 détenus. En Afrique du Sud, les tensions avec Washington et les violences contre les étrangers retiennent l’attention. En RDC, l’épidémie d’Ebola demeure préoccupante, alors que le Mali reste confronté à une forte pression jihadiste.

Éthiopie : le retour du spectre de la guerre au Tigré

C’est sans doute l’un des dossiers les plus préoccupants de la presse africaine du jour. L’Éthiopie connaît une nouvelle flambée de violence dans le nord du pays, avec des affrontements entre les forces fédérales et les forces tigréennes. L’ONU s’est déclarée gravement préoccupée par la dégradation rapide de la situation et fait état d’affrontements autour du Tigré ainsi que de la prise et de l’occupation de plusieurs infrastructures aéroportuaires, notamment à Mekelle, Axoum et Shire. António Guterres appelle toutes les parties à la retenue, à la protection des civils et à la reprise de la désescalade. 

La situation est d’autant plus préoccupante que les communications ont été fortement perturbées dans le Tigré. Reuters rapporte que les réseaux téléphoniques et Internet ont été interrompus vendredi  alors que les combats s’intensifiaient. L’agence, citant plusieurs sources, indique que le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) aurait ordonné des restrictions sur les réseaux, une accusation contestée par une source proche du mouvement qui en attribue la responsabilité au gouvernement fédéral. 

À cette crise militaire s’ajoute une catastrophe naturelle : 19 des 25 personnes tuées par des crues soudaines à Jijiga, dans l’est de l’Éthiopie, étaient des enfants, selon des responsables régionaux cités par Reuters. 

La presse internationale observe donc avec inquiétude le risque d'un nouvel embrasement dans un pays qui peine encore à solder les conséquences de la guerre du Tigré de 2020-2022.

Nigeria : 37 détenus morts, une affaire qui soulève de graves questions

Au Nigeria, l’actualité est dominée par l’affaire des 37 personnes mortes alors qu’elles étaient détenues dans un centre de la Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC), à Minna, dans l’État du Niger.

Les victimes faisaient partie d’un groupe de 67 personnes arrêtées dans le cadre d’opérations contre l’exploitation minière illégale. Des proches accusent désormais les forces de sécurité de mauvais traitements. Le gouverneur de l’État du Niger, Umar Bago, a évoqué une mort probablement liée à l’étouffement dans une cellule surpeuplée. Le gouvernement fédéral a ouvert une enquête. 

L’affaire avait déjà été révélée par Reuters, qui rapportait que des survivants affirmaient qu’une substance à l’odeur de parfum ou de poivre aurait été pulvérisée dans une cellule extrêmement exiguë avant que plusieurs détenus ne commencent à avoir des difficultés respiratoires. Reuters précise cependant que ces témoignages n’ont pas pu être vérifiés indépendamment et que la substance utilisée reste inconnue

Sur le front économique, le Nigeria reste également confronté à la hausse du coût des carburants. Selon Reuters, le prix de l’essence a atteint environ 1 400 nairas le litre à Lagos et Abuja, avec des niveaux encore supérieurs dans certaines régions du nord, alors que le pays continue de subir les effets de la hausse des cours internationaux du pétrole

Dans ce contexte, les questions de sécurité, de pouvoir d’achat et de gouvernance continuent de peser fortement sur l’actualité nigériane.

Afrique du Sud : tensions avec Washington et nouvelle flambée de violences

En Afrique du Sud, la presse revient largement sur les tensions avec les États-Unis. Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, a déclaré que Pretoria restait disposée à poursuivre le dialogue avec Washington, malgré les restrictions de visas annoncées récemment par l’administration américaine.

Selon Reuters, les deux pays étaient encore engagés dans des discussions sur plusieurs dossiers économiques, notamment les conditions d’accès des investisseurs américains au secteur minier sud-africain, lorsque Washington a annoncé de nouvelles restrictions de visas. Pretoria dit vouloir éviter une escalade et préserver le dialogue. 

La question migratoire reste par ailleurs très sensible. SABC News rapporte un débat entre formations politiques sur la possibilité de documenter les migrants sans papiers afin de mieux les identifier et de régulariser leur situation, tandis que certains partis réclament plutôt des expulsions. 

Mais c’est surtout la violence contre les étrangers qui fait la une de certaines publications. Selon Reuters, une nouvelle vague d’attaques visant des ressortissants étrangers a fait **62 morts en trois semaines**, d’après la police sud-africaine. 

Le pays entre également dans une période politique importante à l’approche des élections municipales du 4 novembre. La presse sud-africaine suit notamment les batailles judiciaires et les stratégies des partis pour les grandes métropoles.

Égypte : Gaza, diplomatie régionale et sécurité

En Égypte, les dossiers diplomatiques dominent l’actualité. Le président Abdel Fattah al-Sissi s’est entretenu avec le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, au sujet des développements au Yémen et des efforts visant à restaurer la stabilité régionale, rapporte Ahram Online. 

La question palestinienne reste toutefois au cœur de la diplomatie égyptienne. Le Premier ministre Mostafa Madbouly, intervenant à l’Assemblée générale de l’ONU, a appelé à la mise en œuvre complète du cessez-le-feu à Gaza, à l’accès humanitaire et au retrait israélien, tout en rejetant catégoriquement tout déplacement forcé de Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie. 

L’Égypte continue ainsi d’occuper une place importante dans les discussions régionales sur Gaza, la sécurité de la mer Rouge et les équilibres du Moyen-Orient.

RDC : Ebola s’étend, tandis que le pays reste sous pression

En République démocratique du Congo, la situation sanitaire constitue l’une des principales alertes du jour. L’épidémie d’Ebola continue de progresser, avec des difficultés importantes dans le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades.

Selon des informations rapportées par Reuters et reprises dans la presse internationale, les autorités sanitaires n’ont identifié qu’environ 30 000 contacts potentiels sur plus de 400 000 attendus. Plus de 80 % des nouveaux cas confirmés seraient détectés chez des personnes qui ne figuraient pas sur les listes de contacts surveillés, signe que la transmission continue dans les communautés. 

L’Organisation mondiale de la santé indique par ailleurs que l’épidémie s’est étendue à deux nouvelles zones sanitaires, portant à 63 le nombre de zones affectées dans sept provinces. 

Sur le plan sécuritaire, l’est du pays reste marqué par la crise liée au M23. Et un autre drame est venu endeuiller le pays : un avion militaire congolais s’est écrasé vendredi dans la province du Kwango, faisant 13 morts, dont trois officiers, selon les autorités citées par Reuters. Une enquête sur l’accident a été ouverte. ---

Mali : le front jihadiste reste particulièrement actif*

Au Sahel, le Mali apparaît comme l’un des principaux foyers de tension sécuritaire. Reuters rapporte que des combattants liés à Al-Qaïda ont mené, au début du mois, une attaque particulièrement meurtrière contre un camp militaire à Dioura, dans le centre du pays.

Selon plusieurs sources citées par l’agence, plus d’une centaine de militaires maliens auraient été tués, tandis que plus de 100 autres auraient été faits prisonniers. Les chiffres exacts restent difficiles à établir. Les autorités maliennes ont lancé une opération militaire de riposte

Cette situation intervient alors que les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger — poursuivent leur rapprochement politique et sécuritaire. En juillet, la Russie et les trois États avaient annoncé leur volonté de renforcer leur coopération militaire, notamment autour de la force unifiée de l’AES et du soutien de l’Africa Corps.

Autre évolution diplomatique suivie ce samedi : le Nigeria et le Mali ont décidé de renforcer leurs consultations politiques sur les questions de sécurité au Sahel. Les deux pays souhaitent notamment approfondir leur coopération contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière, le trafic d’armes et les flux financiers illicites. 

Cette reprise du dialogue entre Abuja et Bamako constitue un élément important dans le paysage régional, alors que les relations entre l’AES et les autres structures ou États de l’Afrique de l’Ouest demeurent complexes.

Une Afrique confrontée à plusieurs crises simultanées

Au-delà de ces principaux foyers, la presse africaine de ce samedi 26 septembre dessine une carte du continent marquée par la multiplication des crises sécuritaires et humanitaires, mais aussi par d’importantes recompositions diplomatiques.

L’Afrique de l’Est concentre l’une des principales inquiétudes avec la reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie. En Afrique centrale, la RDC doit simultanément gérer la crise sécuritaire dans l’Est et une épidémie d’Ebola qui dépasse désormais plusieurs dizaines de zones sanitaires. Au Sahel, les groupes jihadistes continuent de mettre à rude épreuve les forces nationales, tandis que le Mali, le Burkina Faso et le Niger consolident leur architecture commune au sein de l’AES.

En Afrique australe, l’Afrique du Sud se trouve au croisement de plusieurs débats : relations avec les États-Unis, immigration, criminalité, violences contre les femmes et préparation des élections municipales.

Et au Nigeria, première puissance démographique du continent, les préoccupations liées à la sécurité, aux conditions de détention et au coût de la vie continuent de dominer l’actualité.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1414
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3