Skip to main content
Le tourisme médical africain pèse jusqu'à 10 milliards de dollars par an
New Delhi pour un cœur, Istanbul pour un genou, Paris pour un cancer. Chaque année, les patients africains les plus fortunés vont chercher ailleurs des soins que leur propre continent peine encore à leur offrir
 

(AfriquesPlus) - New Delhi pour un cœur, Istanbul pour un genou, Paris pour un cancer. Chaque année, les patients africains les plus fortunés vont chercher ailleurs des soins que leur propre continent peine encore à leur offrir. Selon une enquête d'Afreximbank relayée par Forbes Afrique, ce tourisme médical pèserait entre 6 et 10 milliards de dollars par an, au bénéfice de l'Inde, de la Turquie, de l'Europe et des États-Unis.

Dans une enquête publiée le 23 septembre 2026, la journaliste Hawa Sidibé, pour Forbes Afrique, explique ce choix moins par le prestige des destinations que par l'accès à des technologies ou compétences médicales absentes sur le continent, en particulier pour les pathologies lourdes. Le neurochirurgien camerounais Jean-Louis Benae, installé aux États-Unis, y voit d'ailleurs un cliché à corriger : loin devant son propre pays d'exercice, « la destination majeure reste l'Inde », dit-il à Forbes Afrique, la Turquie captant surtout la demande en chirurgie esthétique.

La cancérologie illustre bien l'ampleur du phénomène. Une étude du Journal of Global Oncology, citée dans l'article, indique que trois quarts des cliniciens interrogés dans dix-sept pays africains ont déjà orienté des patients cancéreux vers l'étranger, faute d'options locales suffisantes. Certaines structures tentent d'inverser la tendance, comme l'African Medical Centre of Excellence d'Abuja, adossé à un hôpital londonien. À Paris, l'Hôpital américain accueille lui aussi de longue date une patientèle africaine, son directeur général évoquant une clientèle internationale représentant, selon Forbes Afrique, environ un cinquième de ses hospitalisations.

Le choix d'une destination dépend largement du budget. Les patients aux ressources plus modestes se tournent vers l'Afrique de l'Est, ceux qui ont davantage de moyens vers l'Afrique du Sud ou le Maghreb, les plus fortunés vers l'Inde ou les États-Unis, rapporte Forbes Afrique. Mais l'écart de prix peut aussi jouer en faveur du continent : selon Jean-Louis Benae, une même intervention, avec un matériel identique, peut y coûter jusqu'à trois fois moins cher qu'aux États-Unis. Une partie des patients continuerait néanmoins de partir par habitude ou par méfiance persistante envers l'offre locale. Une perception que plusieurs initiatives de coopération médicale, mentionnées dans l'enquête, cherchent aujourd'hui à faire évoluer.

L'article évoque enfin le cas inverse de la Tunisie, devenue depuis les années 2000 une destination de tourisme médical à part entière. Selon son secteur professionnel, cité par Forbes Afrique, le pays accueillerait près de 800 000 patients étrangers par an, majoritairement libyens et algériens, mais aussi ivoiriens, sénégalais et mauritaniens venus pour des soins cardiologiques, orthopédiques ou dentaires, parfois pris en charge par leurs caisses nationales.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1425
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3