(AfriquesPlus) - À moins de neuf mois du coup d'envoi, l'organisation de la prochaine Coupe d'Afrique des nations s'annonce de plus en plus incertaine. La Confédération africaine de football (CAF) a pris contact avec plusieurs pays susceptibles d'accueillir au pied levé la CAN 2027, face aux retards accumulés dans les travaux au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
Comme le rapporte un article du Monde signé Alexis Billebault, publié le 26 septembre 2026, la question a été posée directement à Patrice Motsepe, le président de la CAF, lors d'une conférence de presse organisée au terme de sa tournée d'inspection dans les trois pays hôtes, une semaine après le coup d'envoi des qualifications, le 24 septembre. Le dirigeant sud-africain a assuré qu'il n'existait « ni plan B ni plan C », tout en reconnaissant qu'« il exist[ait] une situation de grande urgence, à neuf mois de la CAN ». Une nouvelle visite de contrôle est déjà programmée en janvier 2027.
Ces propos, jugés contradictoires, ont relancé les spéculations sur une possible délocalisation du tournoi. D'après les informations du Monde, le Maroc, l'Afrique du Sud et l'Algérie — qui disposent respectivement de 16, 13 et sept stades homologués — ont été contactés par la CAF, tandis que l'Égypte, candidate pressentie pour l'édition 2028, et la Côte d'Ivoire, hôte de la CAN 2023, pourraient également être approchées.
« Ils sont cinq en Afrique à pouvoir relever un tel défi », a expliqué au Monde Saïd Ali Saïd Athouman, président de la Fédération de football des Comores, citant l'Afrique du Sud, l'Algérie, l'Égypte, le Maroc et la Côte d'Ivoire comme seuls pays disposant d'assez d'infrastructures homologuées. Mais selon lui, le Maroc, théâtre de la CAN 2025, a déjà fait savoir qu'il ne serait plus candidat, concentré sur la Coupe du monde 2030 qu'il coorganisera avec l'Espagne et le Portugal, tandis que l'Algérie a dit privilégier le développement de son propre football. Seule l'Afrique du Sud, qui n'a plus reçu la compétition depuis 2013, s'était portée volontaire début 2026 pour suppléer le Maroc sur l'édition féminine, finalement maintenue dans le royaume chérifien.
Le journal rapporte qu'au sein même du comité exécutif de la CAF, plusieurs membres seraient convaincus que le trio est-africain ne tiendra pas ses engagements, évoquant un scénario comparable à celui du Cameroun en 2019, déchargé de l'organisation au profit de l'Égypte avant d'accueillir, avec deux ans de délai, l'édition 2021. « Sauf miracle, la CAN n'aura pas lieu au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie », estime ainsi un membre du comité exécutif cité par Le Monde, pour qui l'instance ne pourra économiquement se passer d'une phase finale. Une pression accrue par le passage, dès 2028, à une CAN organisée tous les quatre ans sous l'impulsion du président de la FIFA Gianni Infantino, un manque à gagner que la CAF entend compenser par la création d'une Ligue des nations inspirée de l'UEFA et de la Concacaf, mais aux contours encore flous.