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Pétrole, les perturbations en Arabie saoudite et en Libye font grimper les cours
Le marché redoute une nouvelle contraction de l’offre alors que plusieurs infrastructures stratégiques sont perturbées. La situation en Arabie saoudite, en Libye et autour du détroit d’Ormuz alimente les craintes d’une nouvelle flambée des cours.
 

(AfriquesPlus) - Les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial en pétrole se renforcent avec la multiplication des perturbations au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les cours du brut ont bondi mardi, le Brent dépassant 108 dollars le baril, sur fond d’attaques contre des infrastructures énergétiques saoudiennes et d’arrêt de production dans plusieurs champs pétroliers libyens.

Dans une dépêche publiée le 15 septembre 2026, Reuters indique que le Brent a progressé de 2,81 dollars, soit 2,66 %, à 108,49 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain gagnait 3,29 dollars, à 104,68 dollars. Les deux références se dirigeaient vers leur niveau de clôture le plus élevé depuis près de quatre mois.

En Arabie saoudite, les chargements de pétrole au port de Yanbu, sur la mer Rouge, ont été suspendus après de nouvelles attaques attribuées aux Houthis du Yémen. Cette situation intervient quelques jours après une attaque qui avait déjà perturbé le fonctionnement de l’oléoduc East-West, une infrastructure stratégique permettant au royaume d’acheminer son pétrole vers la mer Rouge en contournant le détroit d’Ormuz.

Selon Reuters, cette infrastructure pourrait représenter une capacité équivalente à environ 4 % de l’offre mondiale de pétrole. Une interruption prolongée pourrait donc réduire fortement les volumes disponibles sur le marché international.

La situation est également tendue en Libye. Trois champs pétroliers ont interrompu leurs opérations après des protestations liées à l’oléoduc Hamada-Zawiya. La Compagnie nationale libyenne de pétrole a averti qu’elle pourrait déclarer un cas de force majeure si les activités ne reprenaient pas.

Les risques pesant sur l’offre se sont par ailleurs accentués avec la forte baisse du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Selon des données préliminaires de Kpler citées par Reuters, seuls quatre navires transportant des marchandises ont emprunté le détroit lundi, contre dix la veille.

Les analystes commencent ainsi à envisager une nouvelle hausse importante des cours si les perturbations se prolongent. Goldman Sachs estime que les attaques contre les infrastructures pétrolières ont accru la probabilité d’un Brent dépassant 120 dollars le baril. Selon Capital Economics, une fermeture de plusieurs semaines de l’oléoduc East-West pourrait pousser le prix du Brent vers 130 dollars.

Les perturbations ne concernent pas uniquement le Moyen-Orient. En Russie et en Ukraine, des infrastructures énergétiques ont également été visées par des attaques, perturbant notamment la production de carburants. Selon les calculs de Reuters, la moitié des six principales raffineries russes produisant du diesel ont dû réduire fortement ou interrompre leur production en septembre en raison des dégâts causés par des attaques de drones.

Cette accumulation de perturbations fait peser une nouvelle pression sur le marché pétrolier mondial, alors que les investisseurs surveillent l’évolution du conflit au Moyen-Orient et les éventuelles conséquences sur les principales routes d’exportation.

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