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Private equity, l’Afrique face à des investisseurs plus exigeants
Le private equity africain change de visage. Les investisseurs ne se contentent plus de miser sur le potentiel de croissance du continent et exigent désormais des entreprises plus solides et des projets mieux structurés
 

(AfriquesPlus) - Le private equity africain entre dans une phase où les investisseurs ne veulent plus seulement parier sur la croissance du continent. Dans un article publié le 17 septembre 2026 sur Africa.com, Kabelo Dlothi, directeur et co-responsable Corporate & Commercial chez CMS South Africa, décrit un marché qui privilégie désormais la rentabilité, la solidité des entreprises et la capacité à générer des retours concrets.

Son analyse s’appuie notamment sur les échanges de la 4e édition du Sub-Saharan Africa Private Equity Breakfast, organisée à Johannesburg par CMS South Africa et Pedersen & Partners. Les investisseurs réunis à cette occasion considèrent que les critères traditionnels fondés sur la croissance du chiffre d’affaires et les perspectives de valorisation ne suffisent plus. Ils recherchent davantage des revenus durables, une véritable fidélisation des clients et des entreprises capables de poursuivre leur développement au-delà de leur fondateur.

Cette évolution tient aussi aux risques auxquels sont confrontés les investisseurs. Le risque de change lié aux capitaux en devises étrangères, notamment, pèse davantage dans les décisions d’investissement. Les opérations de redressement d’entreprises apparaissent parallèlement comme une source d’opportunités, en permettant potentiellement de combiner amélioration des performances et revalorisation des actifs.

L’auteur souligne également le rôle toujours important des institutions financières de développement (DFI), qui contribuent à alimenter le private equity africain. Mais celles-ci demandent désormais aux gestionnaires de fonds de démontrer plus précisément l’effet de leurs financements. Il ne s’agit plus seulement de combler un déficit de capitaux, mais de montrer que leur intervention permet de réaliser des investissements qui n’auraient pas pu l’être dans les mêmes conditions avec les seuls financements privés.

Les infrastructures et la transition énergétique occupent une place importante dans cette nouvelle dynamique. Les corridors de transport et les infrastructures facilitant les échanges intra-africains sont considérés comme essentiels au développement économique. Pour attirer les investisseurs internationaux, les projets doivent toutefois présenter des contrats solides, des revenus prévisibles et une répartition claire des risques. Le financement mixte et les garanties de crédit peuvent contribuer à rendre ces projets plus attractifs.

La question des sorties de capitaux devient également centrale. Selon l’auteur, les investisseurs internationaux accordent désormais davantage d’importance aux distributions effectivement réalisées qu’aux taux de rendement théoriques. Cette évolution pousse les gestionnaires de fonds à réfléchir aux stratégies de sortie dès la constitution de leurs portefeuilles. Dans un marché secondaire encore étroit et soumis à une forte volatilité, la capacité à céder rapidement les actifs peut devenir déterminante.

Pour Kabelo Dlothi, ces évolutions témoignent finalement de la maturation du private equity africain. Les capitaux restent disponibles, mais ils sont orientés de manière plus sélective vers des entreprises et des projets capables de démontrer leur rentabilité, leur gouvernance et leur capacité à créer puis à restituer de la valeur. Le secteur entre ainsi dans une phase où la discipline financière et la qualité de l’exécution prennent progressivement le pas sur les seules promesses de croissance.

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