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Richard Bona, l'art de se réinventer sans jamais se laisser enfermer dans une case
Trois décennies de scène n'ont pas émoussé l'exigence de ce virtuose de la basse, toujours en quête de nouvelles sonorités. Le bassiste camerounais explique vouloir se surpasser chaque jour, loin de toute routine installée
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=Ro-uIu3y9iU

(AfriquesPlus) - Trente ans après ses débuts sur les plus grandes scènes internationales, le bassiste camerounais se produit ce vendredi 25 septembre au Trianon, à Paris, dans le cadre du Saazbuzz Jazz Festival. L'occasion pour lui de revenir sur un parcours nourri d'influences croisées et d'une exigence artistique intacte.

Reçu par TV5 Monde à la veille de son concert parisien, Richard Bona n'a rien perdu de son appétit de création. Interrogé sur ce qui continue de le pousser à monter sur scène après plus de trois décennies de carrière, le musicien camerounais balaie l'idée d'une routine installée. Il explique vouloir « toujours se surpasser », précisant que la pratique quotidienne de son instrument ne relève plus pour lui d'un effort mais d'une nécessité intime, presque organique, qui l'accompagne dans la recherche constante de nouvelles sonorités et de nouvelles manières de penser la musique.

Né à Minta, au Cameroun, dans une famille où la musique occupait une place centrale, Richard Bona revendique une filiation directe avec ses racines. Il l'a rappelé sur le plateau de TV5 Monde : la musique africaine demeure le socle de son travail, auquel il superpose des apports puisés dans d'autres traditions musicales rencontrées au fil de sa carrière. Cette logique de métissage, dit-il, s'apparente à une véritable philosophie de vie, fondée sur l'acceptation de la différence et une forme de tolérance qu'il transpose directement dans sa musique.

Cette ouverture s'est nourrie de rencontres déterminantes. Le bassiste évoque notamment Quincy Jones, qui l'a managé durant quatorze ans, ainsi que ses collaborations avec Stevie Wonder ou en studio avec d'autres grands noms du jazz et de la pop. Pour Richard Bona, chaque rencontre professionnelle constitue une occasion d'apprentissage, y compris lorsque l'expérience s'avère négative.

Jazz, sonorités africaines, musiques latines, flamenco... le spectre musical de Richard Bona déborde largement les classifications habituelles. Loin de s'en offusquer, l'artiste affirme au micro de TV5 Monde qu'il ne redoute pas d'être « mis dans n'importe quelle case », préférant se concentrer sur le plaisir que lui procure la confrontation à des styles qui, a priori, ne sont pas les siens, comme le flamenco, qu'il a récemment exploré aux côtés d'un ensemble spécialisé.

Installé aux États-Unis, en Floride, le musicien porte par ailleurs un regard enthousiaste sur l'essor international de la musique africaine contemporaine. Il raconte avoir entendu, dans un Uber comme dans un supermarché américain, des artistes nigérians ou des figures comme Angélique Kidjo et Yemi Alade, un scénario qu'il jugeait impensable quelques années plus tôt. Il y voit le signe d'un basculement durable, celui d'une Afrique qui, selon ses mots, « a complètement éclaté musicalement ».

Pour son passage au Trianon, où il se produira en quintette, Richard Bona dit vouloir avant tout surprendre un public venu découvrir des aspects inattendus de son répertoire, sans dévoiler le contenu du programme, gardé secret jusqu'au concert. Il n'a pas caché son plaisir de retrouver Paris, ville où il a vécu cinq ans avant de poursuivre sa carrière aux États-Unis.

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