(AfriquesPlus) - Sur les rives isolées de Centrafrique, l'absence de routes carrossables laisse un fleuve comme unique voie d'accès. Un reportage diffusé par TV5 Monde revient sur ces embarcations surchargées qui relient Bangui aux villages reculés, au prix d'un risque d'accident élevé.
Amarrées dans le port de Bangui, les baleinières portent des noms comme "Fin de déluge" ou "Dieu merci". Ces grandes embarcations assurent, selon TV5 Monde, la liaison entre la capitale centrafricaine et les villages installés le long de l'Oubangui, là où les routes n'existent pas. Avant chaque départ, une prière est récitée pour éloigner le danger, une précaution qui n'empêche pas les drames : l'an dernier, une soixantaine de personnes ont péri dans des naufrages sur le fleuve.
Le voyage vers le village de Pousselle dure trois jours et trois nuits. À bord, la vie s'organise : une cuisinière prépare les repas en veillant à écarter le foyer de la bâche pour éviter tout départ de feu, tandis qu'un marin guide le capitaine par gestes le jour, puis à la torche une fois la nuit tombée, faute de visibilité directe sur le chenal.
Le trajet est aussi une artère commerciale entre la Centrafrique et la République démocratique du Congo. Oscar, commerçant qui transporte du sel depuis cinq ans, explique que Bangui fait office de capitale économique pour les riverains congolais trop éloignés de Kinshasa. Plus loin, Sarah embarque des blocs de glace pour conserver le poisson qu'elle achètera aux pêcheurs et revendra à Bangui au retour du bateau, une semaine plus tard.
À l'arrivée à Pousselle, coïncidant avec le jour de marché, les commerçants locaux confirment le rôle irremplaçable de ces navettes fluviales pour acheminer bagages, clients et marchandises comme le poisson ou le manioc. Une vingtaine de baleinières sont aujourd'hui autorisées à circuler sur l'Oubangui, assurant le ravitaillement de centaines de villages en Centrafrique comme en RDC, malgré des conditions de navigation qui restent précaires.