(AfriquesPlus) - Lancée en avril 2024, la monnaie nationale zimbabwéenne peine à s’imposer dans une économie où les habitants restent profondément marqués par les crises monétaires successives. Malgré les efforts des autorités, la confiance dans le ZiG demeure fragile, tandis que le dollar américain conserve une place centrale dans les transactions.
Farai Mwakutuya d'Al Jazeera, dans un article de ce 16 octobre 2026, décrit les difficultés rencontrées par le gouvernement pour encourager l’utilisation du Zimbabwe Gold (ZiG) et réduire la dépendance au dollar. La Banque centrale affirme que cette monnaie est adossée à des réserves de devises étrangères et de métaux précieux, notamment l’or. Elle indique également que l’inflation annuelle du ZiG s’établissait à 3,7 % en septembre.
Ces garanties ne suffisent toutefois pas à dissiper les inquiétudes. Après l’hyperinflation qui a conduit le pays à abandonner sa monnaie en 2009, puis les turbulences ayant suivi son rétablissement en 2018, de nombreux Zimbabwéens redoutent une nouvelle dépréciation de leurs revenus et de leur épargne. Un enseignant interrogé par Al Jazeera explique ainsi convertir rapidement la part de son salaire versée en ZiG, après avoir perdu ses économies de retraite lors de la crise précédente.
La défiance se manifeste aussi dans le commerce. Une détaillante citée par le média affirme n’avoir réalisé que quelques ventes en monnaie locale, signe de la préférence persistante des consommateurs pour le dollar. L’économiste Cornelius Dube souligne, lui aussi, la faiblesse de la demande pour le ZiG. Cette situation entretient un cercle difficile à briser : les entreprises hésitent à privilégier une monnaie que leurs clients utilisent peu, tandis que les consommateurs évitent de la conserver par crainte de perdre du pouvoir d’achat.
Face à ces obstacles, la Banque centrale a renoncé à son objectif antérieur d’adopter une monnaie unique d’ici à 2030 au profit d’une transition progressive, fondée sur la stabilité macroéconomique et l’adhésion des acteurs économiques. Le ZiG est notamment encouragé dans les paiements domestiques, fiscaux et publics.
Mais son utilisation dans les transactions ne garantit pas qu’il soit considéré comme une réserve de valeur fiable. Pour Cornelius Dube, la dédollarisation reste possible, à condition de s’inscrire dans la durée. Le défi des autorités zimbabwéennes est donc moins d’imposer le ZiG que de convaincre les ménages et les entreprises qu’ils peuvent lui confier leurs revenus et leur épargne sans craindre une nouvelle crise.