Skip to main content
La citoyenneté par investissement gagne du terrain en Afrique
De plus en plus de pays africains voient dans la vente de la citoyenneté un moyen d’attirer des capitaux étrangers. De São Tomé-et-Príncipe à la Sierra Leone, ces programmes se multiplient
 

(AfriquesPlus) - Alors que plusieurs pays durcissent l’accès à leurs programmes de citoyenneté et de résidence par investissement, certains États africains cherchent à se positionner sur ce marché en pleine recomposition. Dans une analyse publiée le 15 septembre 2026 par Qiraat African, le Dr Magdi Mohamed Mahmoud Adam, chercheur égyptien, examine les motivations économiques, les nouveaux modèles africains et les risques liés à cette pratique.

La citoyenneté par investissement permet à des étrangers d’obtenir la nationalité et un passeport en échange d’une contribution financière ou d’un investissement dans l’économie du pays. Le dispositif peut prendre différentes formes : versement à un fonds public, achat immobilier, création d’entreprise ou investissement générateur d’emplois. Apparue dans les années 1980 avec Saint-Kitts-et-Nevis, cette pratique s’est progressivement étendue à plusieurs régions du monde.

En Afrique subsaharienne, l’auteur explique son développement par la recherche de nouvelles sources de financement. Les États cherchent à attirer des capitaux étrangers sans accroître leur dépendance aux emprunts, à l’aide extérieure ou aux financements conditionnés. Les recettes peuvent, selon les dispositifs, être orientées vers les infrastructures, l’énergie, l’immobilier ou des fonds consacrés au développement.

Ces programmes visent également à attirer des investisseurs, des entrepreneurs et des compétences dans des secteurs jugés stratégiques, notamment les technologies, les mines et les services financiers. L’intégration régionale constitue un autre argument : dans certains espaces, l’obtention d’une nationalité peut faciliter la circulation, l’installation et les activités économiques dans plusieurs pays voisins.

L’article s’attarde notamment sur São Tomé-et-Príncipe, qui aurait lancé en 2026 un programme avec une contribution annoncée de 90 000 dollars. L’auteur cite également la Sierra Leone, dont le dispositif prévoit, selon l’analyse, une procédure standard à partir de 140 000 dollars, ainsi qu’un programme destiné aux personnes pouvant démontrer des origines africaines, avec un seuil annoncé de 100 000 dollars.

Le mouvement ne se limite pas à ces deux pays. Le Botswana étudie un programme d’investissement à impact social, tandis qu’au Nigeria, des projets de réforme sont évoqués pour autoriser la citoyenneté par investissement et attirer des capitaux vers des secteurs comme les technologies, les services financiers, les mines et les énergies renouvelables.

Cette stratégie comporte toutefois des risques importants. L’un des principaux concerne la compatibilité de ces dispositifs avec les constitutions et les législations nationales sur la nationalité. La question du contrôle des candidats est également centrale. Des procédures insuffisantes pourraient exposer les programmes au blanchiment d’argent, à l’évasion fiscale ou au contournement de sanctions internationales.

Pour l’auteur, l’enjeu sera finalement moins de vendre des passeports que de transformer ces recettes en véritable levier de développement. La transparence dans la gestion des fonds, la solidité du cadre juridique et la qualité des contrôles détermineront la crédibilité et la viabilité de ces nouveaux programmes africains.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1177
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3