Le gouvernement américain accuse Pretoria de tolérer des discriminations raciales visant notamment les Afrikaners. L’Afrique du Sud rejette ces accusations et dénonce une lecture déformée de ses politiques intérieures.
Selon un article publié le 16 septembre 2026 par The New York Times, sous la signature de John Eligon, l’administration du président américain Donald Trump a imposé des restrictions de visas à certains ressortissants sud-africains. Washington menace également de prendre de nouvelles mesures punitives si les autorités sud-africaines ne répondent pas à ses préoccupations concernant les discriminations présumées à l’encontre des populations blanches.
Cette décision s’inscrit dans le prolongement des tensions entre les deux pays depuis que Donald Trump a accusé, l’année précédente, le gouvernement sud-africain de vouloir exproprier des terres appartenant aux Afrikaners, une minorité blanche du pays, et de laisser ces derniers exposés à des violences. Le New York Times rappelle que les accusations de génocide contre les Sud-Africains blancs sont largement considérées comme infondées. Le président Cyril Ramaphosa a, pour sa part, qualifié de racistes les politiques de Donald Trump à l’égard de l’Afrique du Sud.
Les restrictions annoncées par Washington visent des personnes qui ne pourront plus entrer aux États-Unis. La législation américaine interdit toutefois au gouvernement de divulguer publiquement l’identité des personnes concernées.
Dans une déclaration, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que les États-Unis demeuraient « gravement préoccupés » par les crimes motivés par des considérations raciales et les discriminations soutenues par le gouvernement contre les Afrikaners et d’autres minorités en Afrique du Sud.
Selon le responsable américain, les mesures concernent notamment les personnes impliquées dans des actes de discrimination raciale, celles responsables d’une loi permettant à l’État de saisir des terres sans indemnisation et celles qui incitent à la violence contre des minorités raciales.
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a dénoncé une décision unilatérale de Washington, estimant qu’elle reposait une nouvelle fois sur une présentation déformée des politiques intérieures de son pays par des groupes marginaux. Il a appelé les États-Unis à respecter la souveraineté de l’Afrique du Sud dans la gestion de ses affaires nationales.
L’annonce américaine intervient moins de trois semaines après une rencontre entre le président Cyril Ramaphosa et l’ambassadeur des États-Unis à Pretoria, L. Brent Bozell III. Le gouvernement sud-africain avait alors présenté cet échange comme une occasion de renforcer et de réajuster les relations bilatérales.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, l’ambassadeur américain a indiqué avoir tenté à plusieurs reprises de prévenir les autorités sud-africaines des conséquences potentiellement graves de leur inaction face aux demandes de l’administration Trump. Celles-ci comprennent notamment l’exemption des entreprises américaines des obligations liées à la propriété noire et la révision de la législation sur l’expropriation foncière.
« Cette politique de restriction des visas n’est que la première étape d’une série de mesures d’escalade qui démontreront la ferme détermination de l’Amérique dans cette affaire », a écrit le diplomate.
Cette nouvelle décision marque un épisode supplémentaire dans la dégradation des relations entre Washington et Pretoria. Depuis février 2025, les deux pays ont connu plusieurs différends, notamment autour de la réforme agraire sud-africaine, de l’aide américaine, de la représentation diplomatique et des relations commerciales. Les États-Unis ont notamment expulsé l’ambassadeur sud-africain en mars 2025 et imposé, en août de la même année, des droits de douane de 30 % sur les produits sud-africains.