(AfriquesPlus) – Le Nigeria a remporté l’arbitrage engagé autour du projet hydroélectrique de Mambilla, après que la Chambre de commerce internationale (CCI), basée à Paris, a statué en faveur du gouvernement fédéral dans une procédure où Sunrise Power réclamait environ 2,35 milliards de dollars de dommages et intérêts.
Dans un article publié le 17 septembre 2026, Adeola Ajakaiye, journaliste à BusinessDay, rapporte que la décision de la CCI constitue un développement majeur dans ce différend qui oppose depuis plusieurs années l’État nigérian à Sunrise Power.
Le litige remonte à un accord conclu en 2003 avec Sunrise Power pour le développement de la centrale hydroélectrique de Mambilla, dans l’État de Taraba. Le projet, d’une capacité prévue de 3 050 mégawatts, devait être réalisé selon un modèle de construction-exploitation-transfert (BOT).
Sunrise Power avait engagé une procédure d’arbitrage auprès de la CCI en octobre 2017, réclamant environ 2,354 milliards de dollars, au titre de ce qu’elle considérait comme une violation de l’accord conclu avec le gouvernement nigérian.
L’affaire s’est également compliquée autour des conditions du contrat initial et des tentatives ultérieures de règlement. En 2020, le gouvernement fédéral avait conclu un accord avec Sunrise Power prévoyant notamment le versement de 200 millions de dollars, ainsi que d’autres dispositions concernant le projet de Mambilla. Le non-paiement de cette somme avait ensuite donné lieu à un nouveau différend.
Le dossier a par ailleurs impliqué plusieurs responsables publics nigérians. L’ancien président Olusegun Obasanjo avait déclaré ne pas avoir autorisé l’accord de 2003, tandis que l’ancien président Muhammadu Buhari avait affirmé ne pas avoir autorisé l’accord de règlement conclu en 2020 avec Sunrise Power.
Selon BusinessDay, les audiences de l’arbitrage organisées en janvier 2025 avaient notamment vu la comparution comme témoins de faits d’Olusegun Obasanjo, Muhammadu Buhari ainsi que des anciens ministres Babatunde Fashola et Suleiman Adamu. L’ancien ministre Olu Agunloye, impliqué dans le processus ayant conduit au contrat initial, avait également été inscrit parmi les témoins mais ne s’était pas présenté aux audiences.
Le projet de Mambilla est envisagé depuis plusieurs décennies comme une infrastructure majeure destinée à accroître la capacité de production électrique du Nigeria. Avec une puissance prévue de 3 050 MW, la centrale compterait parmi les plus importantes infrastructures hydroélectriques du continent si elle venait à être achevée.
La décision rendue par la CCI intervient ainsi dans un dossier qui dépasse le seul montant de 2,35 milliards de dollars réclamé par Sunrise Power. Elle pourrait notamment avoir des conséquences sur les engagements financiers potentiels de l’État nigérian liés au différend contractuel et sur la poursuite du projet de Mambilla.