(AfriquesPlus) - En République démocratique du Congo, la plateforme C64 dénonce les violences qui ont marqué une manifestation organisée mardi à Kinshasa contre le projet de révision de la Constitution. Dans une déclaration commune publiée jeudi, plusieurs formations de l’opposition mettent directement en cause les autorités et appellent la communauté internationale à réagir.
Les tensions restent vives en République démocratique du Congo autour du projet de réforme constitutionnelle porté par le pouvoir. Après les violences survenues mardi lors d’une manifestation de l’opposition, les partis réunis au sein de la plateforme C64 ont dénoncé jeudi ce qu’ils qualifient de répression politique.
Dans leur déclaration commune, les opposants congolais attribuent aux autorités la responsabilité des violences ayant émaillé leur rassemblement. Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République, a notamment mis en cause la responsabilité du président Félix Tshisekedi et de son régime.
« La C64 met en cause la responsabilité politique et pénale de M. Tshisekedi et de son régime dans la planification de l’élimination des opposants en raison de leurs opinions », a-t-il déclaré.
La communauté internationale interpellée
La plateforme dénonce également ce qu’elle considère comme une réaction insuffisante des partenaires internationaux de la RDC. Elle estime notamment que les États-Unis et les pays membres de l’Union européenne devraient exercer davantage de pression sur les autorités congolaises au nom des principes démocratiques et du respect des droits humains.
« La C64 déplore également l’indulgence dont font preuve les gouvernements des pays partenaires [...] à l’égard des autorités congolaises, malgré la barbarie qu’elles infligent à notre peuple », a déclaré Dieudonné Bolengetenge.
Cette sortie intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Plusieurs formations de l’opposition ont rapproché leurs positions ces derniers mois pour contester le projet de modification de la Constitution défendu par le pouvoir.
La question du troisième mandat au cœur des tensions
Pour l’opposition, la réforme envisagée pourrait ouvrir la voie à une nouvelle candidature de Félix Tshisekedi à la présidentielle, alors que la Constitution actuelle limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Le chef de l’État congolais a toutefois présenté la réforme constitutionnelle comme une démarche destinée à adapter le texte fondamental aux réalités du pays.
La contestation de l’opposition s’inscrit ainsi dans une bataille politique plus large autour de l’avenir institutionnel de la RDC. Alors que le pouvoir défend la nécessité d’une évolution de la Constitution, ses adversaires craignent qu’une telle modification ne permette au président sortant de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats.
Les violences de mardi ont donc ravivé les inquiétudes de l’opposition sur l’espace accordé aux manifestations et au débat politique dans le pays. La C64 demande désormais que les responsabilités soient établies et que les autorités garantissent le droit des formations politiques à exprimer leurs positions sur le projet constitutionnel.