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Gambie, les Etats-Unis restituent des fonds liés aux avoirs de Yahya Jammeh
Les fonds récupérés après la confiscation d’un bien immobilier lié à l’ancien président gambien seront versés au mécanisme national de réparations destiné aux victimes de son régime.
 

(AfriquesPlus) - Les gouvernements gambien et américain ont conclu un accord pour le rapatriement et l’utilisation de fonds récupérés à la suite de la confiscation du bien immobilier Potomac, lié aux activités financières de l’ancien président Yahya Jammeh.

Selon l’Agence de presse africaine (APA), dans une dépêche publiée le 18 septembre 2026, les sommes concernées seront transférées au Fonds de réparations ouvert auprès de la Banque centrale de Gambie. Leur gestion sera assurée de manière indépendante par la Commission gambienne des réparations.

Cet accord intervient alors que la question des biens et avoirs de Yahya Jammeh demeure un élément important du processus de justice transitionnelle engagé en Gambie depuis la fin de son régime.

En mai 2025, le ministère gambien de la Justice avait publié un inventaire des biens confisqués à l’ancien chef de l’Etat, dont la valeur était estimée à plus de 1,24 milliard de dalasis, soit environ 17 millions de dollars à cette période. La liste comprenait notamment des actifs financiers, des propriétés immobilières, des véhicules, des équipements et du bétail.

Parmi les actifs recensés figurait une participation de 14,32 % dans Gam Petroleum, évaluée à 551,25 millions de dalasis, ainsi que des actions détenues dans Comium Gambia Ltd, d’une valeur de 5,75 millions de dalasis. Les propriétés immobilières confisquées représentaient environ 202,75 millions de dalasis.

La gestion de ces actifs avait suscité des controverses dans le pays, notamment après la révélation de transactions réalisées avant la conclusion des travaux de la Commission Janneh, chargée d’enquêter sur les avoirs et les pratiques de l’ancien régime.

Face à ces interrogations, le président Adama Barrow avait annoncé des mesures destinées à renforcer la transparence et le contrôle de la gestion des biens confisqués.

Les réparations constituent par ailleurs un volet majeur du processus de justice transitionnelle gambien. En janvier 2026, la Commission des réparations avait annoncé le début des paiements aux victimes de violations des droits humains commises entre juillet 1994 et janvier 2017, période correspondant au régime de Yahya Jammeh.

Le nouvel accord avec Washington doit ainsi permettre d’alimenter davantage le mécanisme d’indemnisation des victimes, alors que la Gambie poursuit ses efforts en matière de justice transitionnelle, de restitution des avoirs et de réparation des préjudices subis sous l’ancien régime.

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