(AfriquesPlus) - Aucune banque africaine dans le Top 100 mondial, mais des profits parmi les plus élevés de la planète. Le paradoxe ressort de l'édition 2026 du classement Forbes Global 2000, rappelé par Jacques Leroueil dans le dossier « Banques, le défi du financement » du numéro 93 de Forbes Afrique (septembre-octobre 2026). Même les sud-africaines Standard Bank, FirstRand et Absa en sont absentes.
Sur la rentabilité, l'écart est net. Selon un rapport de McKinsey publié en mars 2026, cité par le magazine, les banques du continent ont dégagé en 2024 un rendement des fonds propres de 19 %, contre 10 % en moyenne dans le monde. Leurs revenus ont franchi en 2025 le seuil des 100 milliards de dollars, pour atteindre 107 milliards, contre 81 milliards en 2020, soit une hausse de 32 %. Ce marché ne pèse pourtant que 1,8 % du secteur bancaire mondial, évalué à 5 900 milliards de dollars, et cinq marchés nationaux concentrent 70 % des revenus, l'Afrique du Sud (26,4 milliards) et l'Égypte (18 milliards) en tête.
Le paysage change aussi de mains. Forbes Afrique note que les établissements européens quittent progressivement le continent, au profit d'acteurs locaux. Le groupe Vista Group du Burkinabè Simon Tiemtoré a racheté en juillet 2025 la filiale burkinabè de la Société Générale, et Atlantic Financial Group, de l'Ivoirien Bernard Koné Dossongui, a repris dès 2024 ses activités en Guinée. Le nigérian Access Bank avait de son côté conclu en 2023 un accord avec Standard Chartered pour ses filiales dans cinq pays.
Reste le point noir : le crédit. Le magazine souligne que le crédit au secteur privé demeure faible, alors que les PME, près de 90 % du tissu entrepreneurial, peinent à obtenir des financements longs. Un cadre d'une banque rwandaise, cité anonymement, explique que les banques privilégient les contreparties les moins risquées, en raison d'informations financières incomplètes et de recouvrements lents. Des initiatives se multiplient toutefois, comme celle d'UBA avec le secrétariat de la ZLECAf, qui prévoit jusqu'à 6 milliards de dollars sur trois ans pour les PME, ou l'enveloppe de 3 milliards annoncée par Ecobank en mai.