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Traite négrière, des captifs marqués au fer d'une couronne royale
Une lettre retrouvée dans les archives de la Compagnie des mers du Sud ordonnait de marquer les Africains au fer rouge. Des historiens documentent l'implication des monarques britanniques dans la traite
 

(AfriquesPlus) - Un nouveau registre d'historiens documente le rôle des monarques britanniques dans la traite. David Conn, du Guardian, révèle que la Compagnie des mers du Sud ordonnait de marquer les captifs d'une couronne chauffée au rouge.

« Vous marquerez les Noirs sur l'épaule gauche, en chauffant le sceau au rouge. » Cette instruction, tirée d'une lettre adressée à ses agents de Buenos Aires par la Compagnie des mers du Sud, ouvre l'enquête publiée le 14 septembre 2026 par David Conn dans The Guardian. Découverte par l'historien Nicholas Radburn, de l'université de Lancaster, elle prouve que les dirigeants de cette compagnie soutenue par la Couronne faisaient marquer les captifs d'une couronne, malgré l'avis d'un médecin qui jugeait la pratique dangereuse.

Ce document s'inscrit dans le Register of British Slave Traders, projet qui recense des milliers d'investisseurs de la traite britannique, dont des rois et des reines. Selon le Guardian, plus de trois millions d'Africains ont été réduits en esclavage par la Grande-Bretagne pendant près de 250 ans, dans une entreprise nationale que les monarques ont dirigée.

Les historiens en tête du registre citent Jacques, duc d'York, futur Jacques II, gouverneur et gros actionnaire de la Royal African Company, fondée en 1672. Selon William Pettigrew, principal historien du registre, il est « le plus important négrier anglais du XVIIe siècle ». Les captifs de la compagnie étaient marqués des lettres « DY » ou « RACE ». Sous Anne, la Grande-Bretagne obtint en 1713 le droit de fournir des esclaves à l'Amérique espagnole, un monopole confié à la Compagnie des mers du Sud. Celle-ci a transporté 43 220 captifs entre 1714 et 1740, et près de 7 000 sont morts durant les traversées.

Ces révélations interviennent alors que la pression monte sur Charles III. Le roi a exprimé sa tristesse, mais n'a pas présenté d'excuses formelles. Son porte-parole se dit « reconnaissant » envers les chercheurs. Le Guardian rappelle que les gouvernements successifs ont refusé toute excuse ou réparation, ce qui lie constitutionnellement le monarque. Une délégation jamaïcaine lui a remis la semaine dernière une pétition demandant un avis du Conseil privé sur la licéité de la traite vers la Jamaïque. L'ambassadeur de la Barbade auprès de la Caricom, David Comissiong, appelle la famille royale à suivre l'exemple d'autres familles de l'establishment. La question devrait s'inviter au sommet du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda, en novembre.

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