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Afrique, les Casques bleus à l’épreuve des coupes
Face aux difficultés financières de l’ONU et au recul de l’aide américaine, plusieurs missions de maintien de la paix réduisent leurs effectifs et leurs opérations dans des pays toujours marqués par l’insécurité
 

(AfriquesPlus) - La diminution des ressources consacrées aux opérations de paix intervient alors que plusieurs pays africains restent confrontés à des crises sécuritaires et humanitaires. Dans un article publié le 21 septembre 2026 par Mondafrique, Maïssata Koné-Dubois examine les conséquences des restrictions budgétaires imposées aux missions de l’ONU et du recul parallèle de l’aide américaine au développement.

La crise financière que traverse l’ONU pèse directement sur ses opérations de maintien de la paix. Selon l’article, au début de l’exercice budgétaire ouvert en juillet 2025, il manquait environ 2 milliards de dollars sur les 5,6 milliards nécessaires au fonctionnement de ces missions. Pour répondre à cette situation, l’organisation a demandé une réduction de 15 % des dépenses, qui s’est accompagnée d’une diminution d’environ 25 % des effectifs, soit entre 13 000 et 14 000 personnes.

Cette contraction des moyens affecte plusieurs missions déployées sur le continent. En République centrafricaine, la MINUSCA a réduit ses dépenses ainsi que ses effectifs militaires, policiers et civils, tout en conservant ses principales responsabilités : protection des populations, appui au processus électoral et désarmement des groupes armés. Au Soudan du Sud, la MINUSS a fermé ou réduit plusieurs bureaux et bases, tandis que des militaires et du matériel ont été rapatriés. Ces décisions interviennent dans un contexte marqué par le risque de reprise des violences et par les conséquences de la guerre au Soudan voisin.

En République démocratique du Congo, la MONUSCO, déjà engagée dans un processus de retrait, est elle aussi confrontée à des difficultés financières. Dans certaines zones, ses effectifs et ses activités ont été réduits, limitant sa capacité d’intervention dans des secteurs particulièrement exposés aux violences des groupes armés.

À cette réduction des moyens onusiens s’ajoute la baisse de l’aide américaine au développement. Après son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a ordonné le gel d’une grande partie de cette aide. L’USAID, qui figurait parmi les principaux bailleurs publics américains, a été largement mise à l’arrêt. Plusieurs programmes concernant notamment la santé, l’alimentation, l’agriculture, la gouvernance ou l’aide aux populations déplacées ont ainsi été interrompus.

L’article rappelle que les effets de l’aide internationale sur les conflits font débat. Certains spécialistes dénoncent les phénomènes de dépendance et les interventions extérieures dans les politiques nationales, tandis que d’autres soulignent son rôle dans la réduction de la pauvreté et le renforcement des institutions.

Maïssata Koné-Dubois s’appuie toutefois sur une étude publiée en mai 2026 dans la revue scientifique Science pour mesurer les effets du retrait américain. Les chercheurs ont étudié 870 régions africaines avant et après la réduction des financements américains. D’après leurs résultats, les territoires les plus dépendants de cette aide ont connu une augmentation du risque de conflit d’environ 6,5 %. Les manifestations et émeutes ont progressé de 10 %, les incidents liés aux conflits de 10,6 %, les affrontements armés de 6,9 % et les décès liés aux combats de 9,3 %.

L’étude relève également une différence dans le temps : les manifestations et les émeutes augmentent rapidement après l’interruption des financements, tandis que les effets sur les affrontements armés apparaissent et s’accentuent progressivement. Les conséquences seraient par ailleurs moins importantes dans les pays disposant d’institutions politiques solides et inclusives.

Pour l’ONU, ces difficultés financières interviennent à un moment particulièrement important. Les États-Unis ont effectué en septembre des versements de 102 millions de dollars au budget des opérations de maintien de la paix et de 725 millions de dollars au budget ordinaire. Ces paiements, qui représentent 827 millions de dollars, ont permis de réduire temporairement la pression financière sur l’organisation. Washington doit toutefois encore environ 4,2 milliards de dollars à l’ONU, dont près de 3 milliards au titre du maintien de la paix.

La situation financière de l’organisation pèsera également sur les réformes à venir. Le prochain secrétaire général de l’ONU devra gérer des opérations de maintien de la paix disposant de ressources réduites, alors que les besoins sécuritaires et humanitaires demeurent importants dans plusieurs régions africaines.

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